Samedi 19 septembre 2009 6 19 /09 /Sep /2009 18:55

 

 

                         


                       ST-PETERSBURG - TITTUSVILLE



 

Le Lendemain à 10H45, nous avons quitté le quai en présence de grand-mère, maman et Dédé et du père du propriétaire du quai. Nous repartions dans la joie et l’espoir de nous retrouver tous en famille à Saint-Pierre. Cette journée s’annonçait belle puisque le temps était ensoleillé et la température de près de 26°. Nous sommes sortis de Boca Ciega bay pour rejoindre le golfe du Mexique et la traversée jusqu’à Venice a été magnifique. Le toit de la timonerie était ouvert, Anne-Marie s’était assise sur le dessus et moi j’avais la moitié du corps hors de la timonerie;  je gouvernais avec le pied. A l’intérieur du bateau il faisait 36°. C’était étouffant lorsque je devais m’asseoir pour prendre la barre et j’ai beaucoup apprécié le petit ventilateur  branché sur l’allume cigares qu’Anne-Marie avait eu la bonne idée d’ acheter. Fixé au rétroviseur il brassait suffisamment l’air vers mon visage pour me donner une sensation de fraîcheur  La température ne changeait pas mais ce courant d’air m’était agréable. A 17H15 nous avons accosté à la marina « Crow Nest » de Venice.  Nous avons fait du fuel et avec nos vélos nous sommes allés faire de l’épicerie  chez Publix.

La météo étant propice et la navigation tellement agréable dans le golfe que nous y sommes retournés le lendemain plutôt que de prendre l’intracostal. Encore sous une température torride nous avons navigué sept heures dans le golfe pour nous rendre à Fort Myers Beach. De là nous avons repris l’intracostal qui se confond avec « Caloosahatchee river ». Nous avons jeté l’ancre près de la marina de Fort Myers pour passer la nuit. Après avoir fait le fuel, nous avons levé l’ancre le 24 pour poursuivre le voyage. Nous avons fait un arrêt à Olga pour saluer le personnel de la marina « Jack’s marine » qui s’était tant donné en décembre pour réparer le moteur dans un temps record  afin que nous puissions être à Venice pour Noël. De plus nous avons pris contact avec Kelly et Tammy au téléphone pour une nouvelle fois les remercier pour l’accueil à cette même période. Les conditions de navigation étaient parfaites ; nous repassions par les mêmes écluses qu’à l’aller et nous ne remarquions pas trop de différence dans l’environnement naturel, comme si  les saisons, par ici,  n’existaient pas.


 
Avant d’arriver à Moore Haven où nous nous sommes mis une nouvelle fois à l’ancre, nous avons aidé un skipper de voilier qui naviguait à moteur mais en panne d’huile; je lui en ai passé. Moore Haven est une petite ville industrielle qui n’a pas d’infrastructures de luxe comme nous pouvons trouver dans les lieux touristiques. Les constructions sont d’architectures anciennes mais la marina est fort bien équipée avec toutes les commodités de réparation également. Il y a de nombreux hydroglisseurs qui laissent supposer qu’il est le moyen de se déplacer pour les chasseurs et pêcheurs, d’autant que les marais herbeux étaient importants.. Nous avons poursuivi notre traversée de la péninsule floridienne en franchissant le lac Okeechobee, l’écluse Mayaca, le canal et l’écluse Ste-Lucie. C’est dans cette dernière écluse que nous avons du subir une longue attente en raison d’une panne de porte. A Stuart nous nous sommes mis à l’ancre. En quittant Stuart le lendemain nous nous sommes retrouvés de nouveau sur la côte atlantique au « mile 180 » ( distance référencée à partir du point 0 de l’Intracostal situé à Norfolk).A partir de là nous remontions vers le Nord à destination de notre archipel. Et c’est justement de la fraîcheur de nord que nous aurions eu besoin parce que la chaleur était torride (35° dans la journée, 50° au soleil). Mon petit ventilo ne suffisait pas.










Arrivés à Véro Beach , nous avons du nous ranger  près d’un catamaran au mouillage (le « Jenny Dee ») par manque de place à la marina. Le couple propriétaire nous a particulièrement bien accueillis. Nous sommes descendus à terre avec nos vélos que nous avions amenés sur notre dinghy. On a pu ainsi se balader et faire des courses.  Par bonheur nous avions repéré une église catholique,  la Cathédrale Ste-Hélène.  Ainsi le lendemain nous  
avons revêtu nos habits du dimanche pour aller prier dans une des églises catholiques qui sont si rares à proximité de l’Intracostal. A l'’étape suivante, à Tittusville, là ou se trouve exposée une des navettes spatiales de la NASA, nous n'avons pas été épargnés. Et c’est là que l’on pourrait peut-être penser que  notre foi nous a sauvés ?  Arrivés le soir du 28 nous nous étions bien installés à l’ancre à quelques encablures de la marina. Nous y avons passé une petite soirée de rêve. La température était agréable 22° et pas un souffle de vent. En face de nous se trouvaient des «  piers « (petite avancée sur l’intracotal en structure de bois fixée sur pilotis) là où quelques pêcheurs étaient venus pêcher en fin de journée. De chaque côté les abords du canal étaient formés d’une longue bande de gros rochers et pas très loin vers le sud  un énorme  pont reliait les deux rives. Nous n’entendions pas le trafic des voitures  parce qu’il  n’était pas trop dense. L’atmosphère se trouvait de fait, plutôt agréable. Ambiance idéale pour se faire un bon petit barbecue sur le pont arrière du Wickie. Comme au restaurant, le menu prévu était complet, entrée : pâté, plat de consistance : côtes de porc, fromage à la française et dessert :tarte au citron vert ; le tout  accompagné d’un burgundi et d’un petit blanc américain. Le bonheur quoi !!! Nous avons donc savouré ce souper à la tombée de la nuit et déjà au milieu du repas nous apercevions quelques étoiles et des décharges électriques à l’horizon comme si les lumières éclairant la terre étaient des flashes. En même temps nous contemplions la lune qui gravissait toute ronde au zénith dans l’immensité du ciel. L’eau toute moirée avait des petits frissons luisants. N’était-ce pas cette nuit douce que Dieu semble avoir faite pour les tendresses L’ambiance était si paradisiaque que nous n’avions pas pensé un seul instant qu’il pouvait s’agir d’un signe de mauvaise météo pour la nuit. Et je n’avais pas pris la précaution d’écouter les prévisions météorologiques. A 22H00 le cœur rempli de bonheur dans cette nuit de conte de fées, plein d’amour, nous avons regagné notre chambre. Dans la nuit vers 3H00  nous avons été réveillés par des coups brutaux  sur le mouillage qui se répercutaient sur le davier d’ancre. C’était bruyant et nous sentions que la mer se levait  par un vent qui semblait s’intensifier. Une demi heure plus tard, sur un coup violent nous avons entendu un bruit de métal sur le pont. On tanguait comme en haute mer. Je me suis habillé et j’ai revêtu mon manteau de sauvetage pour me rendre sur l’avant du bateau. J’ai demandé à Anne-Marie d’en faire autant et de préparer la torche électrique. Arrivé sur l’avant j’ai constaté que le davier avait été arraché du nez (la fixation était pourtant très puissante) et il se baladait de gauche à droite à grands bruits. Lorsque j’ai  décroché le mouillage du davier j’ai constaté en même temps que nous dérivions. Anne-Marie avait ouvert le toit. J’ai attaché de nouveau le mouillage au taquet  tribord de l’avant et je suis parti bien vite mettre les moteurs en marche parce que le temps et la mer étaient en furie. En retournant sur l’avant j’ai demandé à Anne-Marie de se préparer à manœuvrer mais j’avais besoin d’éclairage et comme souvent en de telles circonstances, la torche électrique qui venait pourtant d’être chargée (elle contient des batteries rechargeables) ne fonctionnait pas bien. Elle manquait de puissance et s’éteignait souvent. Les conditions n’étaient donc pas idéales mais le stress s’intensifiait comme la météo et il fallait faire vite. J’ai réussi tant bien que mal à relever l’ancre, en tout cas, suffisamment pour pouvoir repartir  et tenter de se rendre à la marina de Tittusville. Anne-Marie n’arrivait pas à manœuvrer le bateau alors j’ai accouru pour prendre les commandes et  à cause de l’ancre qui n’était pas entièrement remontée il fallait  faire marche arrière pour  reprendre le chenal en tout sécurité. Nous étions très près du rivage bordé de rochers et d’un " pier ". J’avais laissé la porte de la timonerie ouverte et lors de la manœuvre, les vagues d’environ 1 m se sont écrasées sur la poupe projetant une masse d’eau sur le pont arrière et dans la timonerie.
Anne-Marie était à la porte pour me guider et elle a alors pris une sévère douche d’eau de mer. Elle a perdu respiration mais elle a refermé aussitôt la porte et a repris  sa respiration à l’intérieur. Je la croyais paniquée mais ce n’était pas le cas. Arrivés dans le chenal de navigation l’ancre ne touchait plus  le fond  alors  nous avons pu  faire route doucement vers la marina en la trainant au bout du mouillage. A l’abri dans la marina j’ai pu remonter complètement l’ancre pour retrouver une condition normale de conduite du bateau. Au moment de notre tumultueux débat au levage de l’ancre nous avons aperçu une voiture qui s’était installée, les feux orientés vers nous pour nous aider. Cela nous a été utile pour apprécier la distance qui nous séparait du « pier ».Elle s’est déplacée jusqu’à l’entrée de la marina pour continuer à nous éclairer. Nous avons pu distinguer en entrant qu’il s’agissait d’une ambulance. Nous avons donné un coup de sifflet pour remercier ces ambulanciers toujours prêts à faire du sauvetage. A 5 heures nous étions enfin au quai à la marina. Le cœur affolé et encore bouleversés on s’est assis à table en se regardant et en se disant que c’était une chance divine que l’on ait réagi à temps pour quitter le mouillage. Ouf! Merci Mon Dieu. Le vent soufflait toujours autant mais nous étions en sécurité. Nous avons bu un chocolat chaud et nous sommes partis nous reposer en espérant pouvoir quitter la marina dans la matinée. Vers 8 heures nous avons fait du fuel pour repartir aussitôt mais il y avait quelque chose d’anormal; lorsque j’enclenchais le moteur droit il calait.  Nous nous sommes observés  et  on s’est posé la même question : « où était le filin que nous avions  lové la veille avant le souper ».  Après réflexion nous en avions déduit qu’on avait du le poser sur l’arrière du bateau et qu’au cours de la manœuvre de nuit en marche arrière, il était tombé à l’eau  et qu’il devait se trouver enroulé dans l’hélice. J’ai donc décidé de plonger pour voir si c’était bien cette situation et éventuellement l’enlever. En maillot de bain et avec lunettes et tuba, j’ai plongé dans une eau sombre et vaseuse. Je pensais voir quelque chose mais après plusieurs tentatives j’ai fait le constat que l’eau était trop chargée et qu’il n’y avait aucune éclaircie à espérer. Alors que je remontais de ma dernière petite plongée, j’ai aperçu un couple qui  discutait sur l’appontement avec Anne-Marie. En même temps Anne-Marie me faisait signe de me retirer de l’eau bien vite. Arrivés près d’eux, Anne-Marie m’a présenté ce couple de miquelonnais (Jean et Yvonne) installé à Montréal depuis de nombreuses années et qui se trouvait en vacances en Floride sur leur bateau de plaisance. Lui est un capitaine de bateau en retraite et tous deux vivent dans un trawler de 42 pieds « le Mylendie ».
Chaque année ils passent l’hiver en Floride et cette année ils s’étaient arrêtés à Tittusville. Quelle coïncidence ; nos déboires avaient fait que nous puissions nous rencontrer. Et le premier avertissement qu’ils m’ont donné est de ne pas aller dans l’eau parce que depuis quelques jours les responsables de la marina étaient à l’affût pour repérer un jeune alligator qui s’y était infiltré . En raison du danger il fallait le capturer et le ramener dans son espace naturel .Heureusement que je ne l’avais pas rencontré parce que cela aurait pu être dramatique mais j’aurais pu me trouver en présence d’un manatee (lamantin) aussi puisque lui fréquente naturellement la marina. Nous l'avons vu justement et je me suis imaginé le rencontrer lors de mes plongées. Je serais sorti de l'eau comme une fusée ou je serais mort de peur. Ouf! cela n’a pas été le cas.

manatee-1.jpgmanatee

   Lamantin de Floride        

Nous avons donc fait appel , par l’intermédiaire du responsable de la marina, à un plongeur professionnel. Compte tenu du risque représenté par la présence du fameux alligator, le plongeur « Rob » a mis une corde à sa taille et m’a chargé de la tenir et de tirer sur la corde pour l’aviser si je voyais la bête. A 10H00 le filin était enlevé de l’hélice. Et comme nous avions acheté un nouveau davier à St-Petersburg, davier pratique qui permettait de  laisser l’ancre accrocher pour naviguer, nous avons décidé de profiter de l’installer. Anne-Marie sur le pont et moi dans le compartiment avant, dans une position inconfortable nous avons entrepris l’installation. Une fois la plaque de renfort en métal fixée dans le compartiment au niveau des trous de boulons j’ai demandé à Anne-Marie de placer le davier et de faire glisser les boulons dans les quatre trous. Tout d’un coup j’entendis un cri «  AHHHH !!! non !!!  ». Je suis vite remonté sur le pont et Anne-Marie toute penaude et très déçue me dit : « le davier m’a lâché des mains et il est tombé à l’eau ». Bon il ne me restait qu’à réfléchir à la façon de le récupérer. Lorsque le responsable de la marina est venu voir ce qui se passait il m’a dit que le fond de la marina était vaseux et que l’épaisseur de la vase était importante. Il nous a préconisé d’utiliser notre grappin pour tenter d’accrocher le davier sur le fond et le remonter. C’est ce que j’ai essayé pendant un long moment mais sans résultat. Nous devions faire une croix sur ce « beau davier ». Cependant en fin d’après-midi nous en avons acheté un autre alors que nous étions à faire des courses avec Jean et Yvonne. Nous avons ensuite mangé avec eux.. Le lendemain après avoir fixé le nouveau davier (cette fois en ayant pris la précaution de l’attaché au guindeau à sa mise en place) ; nous avons passé une nouvelle journée avec Jean et Yvonne entre le shopping et les repas à bord du « Mylendie ».











 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

départ (photo Jean et Yvonne)  

 

 

Le 31 mars à 10H00 nous avons quit té Tittusville et nous sommes restés en c ommunication radio VHF avec le « Mylendie » jusqu’à 12H30.  A16H00 nous avons passé « Daytona Beach » et à 18H30 nous avons jeté l’ancre à « Flagler Beach ». Aux environs de 20H00 une jeune policière de la garde côtière  qui trouvait que nous étions un peu trop dans le chenal de navigation nous a fait bouger en nous indiquant où nous mettre. J’avais des doutes sur la profondeur tout en regardant le sondeur. Mais elle a insisté donc j’ai mouillé à l’endroit indiqué. 20 minutes plus tard il me semblait que le bateau touchait le fond. J’ai contrôlé avec un fil à plomb et  j’en ai ainsi eu la certitude. La marée était de jusant alors il me fallait être rapide pour retirer tout de suite le wickie de sa mauvaise posture. J’ai mis le dinghy à l’eau et comme je l’avais déjà fait à Barnegat j’ai essayé de le tirer mais prise dans l’herbe l’hélice a forcé et la clavette de sécurité a cassé ; et par malchance c’était celle de secours qui était en place. Donc plus de moteur hors bord. Je suis revenu au bateau en envisageant une autre solution : utiliser le grappin. Je l’ai donc pris avec sa corde de mouillage  et aidé d’Anne-Marie avec le dinghy je suis allé le jeter dans le chenal. Je suis revenu au bateau et j’ai utilisé le guindeau pour haler sur le mouillage et  ramener le wickie dans le chenal.. L’opération a réussi. Comme nous risquions d’être verbalisés en mouillant trop près du chenal de navigation, nous avons choisi de rentrer à la marina. Est-ce que c’était le but de la manœuvre de la policière ? Si ça l’était ,elle aura réussi.



dans ce bateau la policière qui nous fait changer de mouil               Photo ci-après plutôt insolite


 














 

 

 

 

Prochain épisode :   Tittusville - Norfolk

Par Claude-Anne-68 - Publié dans : VOYAGES
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus