FERNANDINA BEACH -ST-PETERSBURG
Le lendemain le temps était couvert, la température aux alentours de 15° et le vent soufflait du N.E. fort. La
matinée de navigation a été agréable. Anne-Marie en a profité pour terminer le rangement du linge et pour nettoyer la timonerie. Elle l'a fait comme par intuition ce matin là, parce que vers
11 heures notre bateau a été contrôlé par la garde côtière. Deux officiers sont alors embarqués à bord après s'être assuré que nous n'avions pas d'armes. Ils se sont affairés à vérifier les
papiers qu'Anne-Marie avait déjà préparés et déposés sur la table. A leur première interrogation elle leur a bien vite signalé« no speak english » . Cependant elle a répondu à toutes leurs demandes d’après mes traduction. Ainsi elle leur a présenté notre équipement de sécurité
(gilets, trousse de secours, coffre à outils etc..). En donnant un coup d'œil de temps en temps pour participer malgré tout aux exigences
du contrôle , je poursuivais ma route tel que me l'avais préconisé l'officier de police. Les questions ont porté également
sur les raison de notre voyage aux Etats-Unis. Dans certains cas nous avons eu des difficultés à comprendre surtout lorsque nous ne voulions pas répondre à une question embarrassante en
matière d'équipement comme , par exemple, celle de l'utilisation d'un réservoir interne pour la récolte des eaux usées afin d'éviter les rejets des eaux usées dans les canaux. Comme ils n'avaient
pas l'air d'avoir envie de fouiner, ils n'ont pas été trop insistants et cela nous a bien arrangé. Le contrôle a duré un peu plus d'une demi-heure. Un des officiers m'a ensuite informé qu'il
m'observait maintenant dans ma manière de conduire le bateau. Il m' a fait quelques remarques au moment de franchir certains ponts en me précisant que je devais ralentir un peu plus que je
ne le faisais. Son approche était plutôt sympathique mais il m'agaçait un peu tout de même. Pour éviter que cela dure trop longtemps et sachant que je devais me ravitailler en fuel, j'ai fait
jauger les réservoirs par Anne-Marie qui m'a confirmé qu'ils étaient d'un niveau limite. Nous l'avons signaler aux officiers de police et comme nous étions près de Jacksonville ils nous ont
autorisés à nous arrêter à la marina San Pablo. A l'accostage ils ont aidé Anne-Marie . Comme ils l'apprennent dans leur formation, et c'est normal, ils étaient embarqués avec beaucoup de
méfiance mais ils sont repartis avec le sourire et avec chacun un petit souvenir de Saint-Pierre et Miquelon en mains. Ils nous ont félicités pour notre équipement et notre hospitalité.
Leur bateau qui nous suivait et qui était commandé par une femme est venu les récupérer au bout du quai de la marina. J'étais heureux qu'ils n'aient pas vérifié la cale parce que je n'avais
pas réussi à réparer la pompe; merci mon Dieu. Nous avons donc fait du fuel et acheté une pompe neuve. L'installation de la pompe n'a pas été de tout repos puisque la première, mise en place, ne
fonctionnait pas. Je suis donc retourné au commerce pour la remplacer et recommencer l'installation avec cette fois un bon résultat.. Ensuite nous sommes allés au centre
d'achat. Lorsque nous sommes revenus à la marina nous avons trouvé les portes fermées. Il a fallu que l'on passe par-dessus la clôture pour rentrer. Quelle journée ! Nous
avons repris la route le lendemain à 9h30 et à 12h00 nous avons attendu l'ouverture du pont "Villano Beach" avant de rentrer à la zone de mouillage de Sainte-Augustine. A cause du vent fort
de N.O. (30) nœuds et du manque de place à la marina nous sommes allés vers Sebastian River où à la marque13 nous avons trouvé un quai libre. Près de nous se trouvait le Kathleen II ce bateau de type Trawler que nous avions rencontré à Coinjox (Caroline du nord). Nous avions fait connaissance des
propriétaires Evan et son épouse Gene.
ASaint Augustine nous sommes restés 11 jours. Le séjour dans
cette ville qui a conservé des sites le la colonisation espagnole, a été agrémenté d'une ambiance de fête en raison de la période de Noël. Evan et Gene qui avait un van nous ont proposés de
les accompagner lors de ravitaillement ou lorsqu'ils allaient à la buanderie. Chaque jour nous nous rendions en ville à pied. Comme il fallait traverser un quartier pauvre dont certains
résidents étaient des voyous, des habitantsde ce même quartier nous ont conseillés d'être prudent surtout à la tombée de la nuit. Entre les rencontres, travaux d'entretien sur le bateau et
les visites touristiques, le temps s'est écoulé très vite. Parmi ces rencontres nous avons reçu la visite d'un français malouin, Jean-Pierre, avec qui nous avons sympathisé. Il nous a invités
chez lui, , le soir du 1er décembre dans sa maison construite de ses mains. Il nous a décrit sa propriété qui comportait aussi deux logements locatifs. Notre conversation de la soirée a été
orierntée sur notre archipel et sa Bretagne natale. Nous avons passé un bon moment ensemble autour d'un repas français arrosé de champagne. Jean-Pierre nous a ramenés au
bateau vers 22H.
Le lendemain, jour des 43 ans d'Anne-Marie, nous avons appelé St-Pierre et Miquelon, lors de notre balade dans la ville pour parler à la famille.
St-Augustine est une jolie ville qui appartient à la région de Floride découverte en 1513 par Ponce de Leon, Capitaine et navigateur espagnol. Il y fonda
en 1565 le 1er établissement permanent en Amérique continentale occupé sans interruption depuis. A la recherche de la "fontaine de jouvence" il but dit-on l'eau d'un puits qui existe toujours. On
trouve à St-Augustine un quartier colonial espagnol rénové, des églises anciennes, le Castillo San Marco, un fort du 17ème siècle et la plus ancienne maison en dur construite aux Etats Unis. Le
soir nous avons mangé au restaurant "La parisienne" dans un décor européen. La carte des menus était très intéressante. Le moment a été délicieux et l'ambiance musicale était très
agréable.
Deux jours après, nous sommes allés visiter la ferme des alligators où nous avons pu découvrir d'autres espèces de la même famille dont les
crocodiles.
En soirée, à l'issue de la messe que nous avons
suivie à la Cathédrale de Ste-Augustine, s'est déroulée une cérémonie "spéciale Noël" ouverte sur un discours du Maire qui a inauguré pour la circonstance un circuit d'éclairage
artistique orné de personnages sculptés. Ce circuit partait d'un bosquet du Centre ville jusqu’à la fontaine publique, sur une distance d'environ 200m. C'était superbe. Ensuite, pendant le
discours du Gouverneur, une parade de chars très colorés a circulé dans la rue. Elle était sur le thème du Noël des enfants. Les personnages étaient liés aux contes de Noël ( bonhommes de
neige, père Noël, rennes, lutins etc...) mais aussi au KFC (Kentucky fried chicken). D'ailleurs ce vieux Monsieur à la barbe blanche illustrant l'image de la Compagnie était présent et vêtu d'un
costume blanc traditionnel. Il saluait la foule de sa voiture décapotable blanche qui était intégrée à la parade. La fanfare suivait et de nombreuses personnes tenaient à la main, une
bougie allumée . C'était une vraie fête illuminée et particulièrement féérique pour les enfants.
Le lendemain nous avons fait la rencontre d'un jeune couple de l'Orégon. Suite à de sympathiques conversations nous
l'avons invité à l'apéritif du soir . Jean-Pierre, le malouin, qui nous avait rendu visite à ce même moment est resté à souper avec nous.
Le lundi 6 décembre, nous avons
repris l'intracostal pour descendre plus au Sud. Le soir nous avons jeté l'ancre à Daytona Beach, la ville des courses. Cette belle ville est une des plus anciennes stations de Floride. Sa large
plage s'étire sur près de 45km de longueur. On y fit autrefois, sur son sable compact et tassé, les premières courses de vitesse automobile. Daytona est le rendez-vous des amateurs de course
automobile et de moto. Le Speed Week s'y déroule en février, le Bike Week en mars, le Daytona 400 en juillet, le Biketoberfest en octobre et le Turkey Run en novembre. Un ensemble d'événements
liés à la course et qui rassemble des gens du monde entier. Le jour suivant, après avoir franchi le canal Barge au niveau de Tittusville, nous avons accosté à un quai de Port Canaveral. C'est
ici, que le soir à 20 heures nous avons eu une sacrée frayeur. Suite à une violente explosion nous avons aperçu une énorme flamme qui suivait une fusée propulsée dans le ciel laissant derrière elle un sillage de fumée blanche et noire. En quelques secondes, la flamme alors très réduite est tombée à la mer. C'était
spécial comme spectacle. Nous étions impressionnés mais en observant l'environnement immédiat du port tout semblait normal. Les quelques personnes qui se trouvaient sur le quai ne paraissaient
pas troublées. On s'est alors interrogé : de quoi s'agit-il ? En réalisant que le port se trouvait près des rampes de lancement de Cap Canaveral "la NASA" nous avons fait la relation avec un
lancement de fusée spatiale. Ouf! ce n'était pas la guerre. Nous avons bien ri de ce moment de stupeur ridicule compte tenu de l'endroit où nous nous trouvions. Peut-être qu'un peu de stress nous
avait déconnecter de nos cartes marines. Dans les environs nous avons aussi découvert des zones naturelles protégées pour la riche faune dont les aigles pêcheurs à tête blanche (le
pygargue), les aigrettes, les pélicans blancs mais aussi le manatee (le lamantin), cet énorme mammifère herbivore aquatique qui vit dans les fleuves de l'Amérique tropicale. Le pygargue, quand à
lui, appelé "Bald Eagle" est l'emblème national des Etas Unis depuis 1782. Cet oiseau typiquement américain est la seule espèce d'aigle se trouvant uniquement en Amérique du Nord. L'espèce
méridionale aime construire ses nids en Floride. Le secteur Prairie Lakes de la gestion de la faune Three Lakes Wildlife Management a une concentration d'aigles nicheurs supérieure à celle des 49
états des Etats Unis. On trouve l'emblème illustré en particulier dans le service des postes américains. A Cocoa , alors que nous étions au mouillage, j'ai tenté de pêcher avec du fromage comme
appât. A ma grande surprise, j'ai pris trois chats de mer d'une quarantaine de centimètres que j'ai rejeté à la mer. A la poursuite de note route et avant notre entrée à Véro Beach nous sommes
passé par la pointe du dragon où se trouve justement un énorme dragon sculpté. Il valait la photo c'est sûr. Arrivés dans la zone de la marina de Véro Beach on nous a attribué un poste au
mouillage. Nous étions alors attachés à une bouée et nous pouvions accéder à un quai de débarquement spécialement aménagé pour dinghy. C'était super. Nous avons passé 6 jours au mouillage, la
bateau décoré pour s'intégrer à la parade de Noël prévue le 12 décembre. C'est le 11 décembre que nous avons eu notre premier cadeau de Noël suite à notre appel à Miquelon. En effet ce jour là
Nathalie nous a appris qu'elle était enceinte et que l'accouchement était prévu pour le 27 juillet, date de notre anniversaire de mariage. Quelle surprise ! On a pu constater que notre fille se
faisait une joie de nous annoncer la nouvelle en y ajoutant cette heureuse prévision. C'était un beau signé d'amour. Le 12 décembre, donc, la parade des bateaux de plaisance décorés aux couleurs
de Noël a eu lieu autour des îles qui se trouvaient autour de la marina. Le défilé passait devant la marina où se diffusaient les musiques et chants de Noël. Durant le parcours tous les
plaisanciers se saluaient en signes d'amitiés. Nous avions aussi décoré notre "Wickie" et la musique de la marina étant inaudible, nous écoutions nos propres chants de Noël. L'ambiance était
particulièrement chaleureuse. Sans neige, nous étions en train de vivre la façon de fêter Noël en Floride. C'était très agréable. Le reste du séjour, en dehors de l'entretien du bateau et de
l'annexe, nous avons fait de belles promenades sur la plage de Véro Beach. Le jeudi 16 nous avons quitté le mouillage pour nous rendre jusqu'au canal Ste-Lucie, entrée de la voie navigable
(Okeechobee Waterway) pour traverser la Floride . Nous avons jeté l'ancre à Stuart (au Pont Ste-Lucie).
Pour visiter un peu la ville avant de souper, nous avons accosté un petit quai à dinghy avec notre annexe. Là nous avons pu juger de la dextérité d'un pêcheur qui
venait de capturer de beaux poissons ( maquereaux espagnols et bonites) avec son filet épervier. Les coups suivants ont été moins fructueux car le poisson n'abondait pas. La visite de la ville a
été courte parce qu'il se faisait tard et nous n'étions pas au centre ville mais près de nombreux petits commerces où les vitrines étaient bien décorées et bien achalandées . Au retour au bateau
et après un léger repas, nous avons consulté les cartes marines achetées à Cocoa Beach. Nous avons examiné le parcours Ste-Lucie - Venice en passant par le lac
Okeechobee.
Ainsi le lendemain, avec plus d'assurance, nous avons effectué une partie de la traversée jusqu'à Moore Haven, marina se trouvant sur
la canal Caloosahatchee. La zone est très riche en faune aquatique dont une forte proportion d'alligators. Naviguer dans ces parages demandait de prendre beaucoup de précautions.
Toujours
dans des conditions climatiques agréables avec des températures oscillant entre 16° le matin à 24° dans la journée nous poursuivions notre parcours sereinement dans le centre de la Floride.
Cependant à la sortie de l'écluse Franklin (Olga Lock) située à 13 miles de Fort Myers) le moteur droit du Wickie ne répondait plus à la manœuvre. Il tournait mais n'entrainait pas l'arbre
d'hélice. Un des nombreux bateaux qui se trouvait avec nous dans l'écluse nous a remorqués pour nous aider à en sortir et on s'est mis au mouillage pour diagnostiquer le problème. Le constat
était que la panne provenait de la boîte de transmission et que je ne pouvais donc plus utiliser ce moteur. Heureusement un pêcheur plaisancier (pêcheur de tarpon) se trouvait près de nous avec
un bateau en fibre de verre d'environ 16 pieds. Ayant vu ma sortie de l'écluse à la remorque d'un autre bateau, il nous a abordés et nous a proposés de poursuivre le remorquage jusqu'à la
marina la plus proche qui se trouvait à 3 miles de là. Nous avons beaucoup apprécié son aide et nous étions ravis de savoir qu'il y avait une marina si proche de nous. Après avoir levé l'ancre et
compte tenu de la grande largeur du canal j'ai pu manœuvrer à l'aide du moteur gauche et même de poursuivre ma route jusqu'à la marina par mes propres moyens. Le pêcheur m'a aidé à accoster
à la marina du nom de jack's Marine South et la place se nomme Olga.
L'un des propriétaire de la marina,
mécanicien de métier est monté à bord pour regarder d'où provenait la panne. Il m'a confirmé qu'elle venait de la transmission mais comme la boîte semble en bon état elle se situerait plutôt au
niveau de l'engrenage interne situé à l'arrière du moteur. Cependant aucune réparation ne pouvait se faire ce samedi parce que tout est fermé pour le weekend alors il m'a annoncé qu'il
entreprendrait le travail dès lundi matin. Kelly, le jeune et sympathique pêcheur américain, nous a baladés dans les environs durant ce weekend avec son épouse Tammy. De religion protestante
(Luthérien) il nous a malgré tout amenés autour de l'église St-Vincent de Paul d'Olga (église catholique romaine)où avait été reconstitué sur un mini parcours la vie de Jésus de Nazareth à
Jérusalem. Le spectacle était animé par des comédiens bénévoles et un éclairage d'ambiance avait été installé pour les représentations nocturnes. C'est justement de celle-là que nous avons
profité. Les scènes étaient intéressantes grâce à l'approche rudimentaire et pauvre des lieux mais riches de la parole de Dieu répandue grâce à Jésus accompagné de ses apôtres. C'était une
belle illustration du message de Dieu. Nous sommes rentrés au bateau heureux de cette visite de la petite ville d'Olga. Le lendemain nous avons fait connaissance, à la marina, d'un autre
couple sexagénaire qui habitait un joli bateau de plaisance de style "Grand Bank" de 40 pieds. Comme ils partaient passer Noël en famille, ils nous ont proposés leurs bicyclettes pour le temps de
notre halte afin que nous puissions circuler plus facilement dans les environs et surtout pour nous permettre de nous ravitailler à la ville qui se trouvait à environ 8 kms de la
marina.
Malgré la contrariété de cette escale forcée , nous nous considérions très
chanceux d'avoir rencontré des gens aussi sympathiques et généreux. Il y avait cependant une situation délicate par rapport aux frais engendrés par cette grave panne, c'est le coût. Heureusement
que nous avions souscrit une bonne assurance. J'ai donc du prendre contact avec notre assureur de St-Pierre et faire un rapport sur les circonstances de la panne. Comme sur constat du mécanicien,
la panne était une conséquence de l'avarie survenue à la suite de l'échouage du 10 novembre, j'ai pu en informer mon assureur qui a pris en compte cette information pour la prise en
considération des dédommagements. Ouf! Nous étions bien soulagés surtout que nos imprévus du budget prévisionnel étaient complètement absorbés, l'assurance n'étant pas intervenue, bien
sûr sur tous nos déboires. Notre mécanicien qui s'appelait Willy a été d'une efficacité surprenante surtout après avoir su qu'Anne-Marie voulait passer Noël à Venice. Eh oui !
Anne-Marie est de descendance italienne par son grand-père et la famille était d’origine de Triscissimo près de Venise, ville du romantisme où nous sommes allés en 1989, d'ailleurs.
Aidé par la livraison rapide de la pièce de
rechange et après avoir travaillé tard dans la soirée du lundi, la réparation s'est faite dans un temps record et le mardi 21 décembre en fin d'après midi, nous étions prêts à partir. Invités à
manger chez Kelly et Tammy nous avons pu passer une soirée excellente avec l'esprit libéré. Le barbecue a été réussi et nos amis nous ont ramenés au bateau avec un sac chargé d'agrumes (oranges,
tangerines et pamplemousses) récoltés dans leur jardin.
Comme nous avions un fax de notre assureur à
récupérer nous sommes retournés le lendemain matin chez Tammy et à 10H20 nous avons quitté Jack'sMarina South.
A Fort Myers nous avons pris du fuel et à 15H30 nous avons jeté l'ancre dans la zone de mouillage de Chino Island. Pour me détendre j'ai mis ma ligne à l'eau et à
mon grand étonnement j'ai réussi à appâter une truite de mer de 30cm avec un morceau de fromage à l'hameçon. J'étais fou de joie. En soirée le vent s'est renforcé et dans la nuit il est passé au
Sud-ouest 25 nœuds. Cela m'a rendu soucieux et je n'ai pas bien dormi. Nous avons pris notre petit déjeuner tôt et à 7 heures nous avons levé l'ancre. Une demi-heure plus tard, alors que nous
étions en route, le temps s'est assombri et de gros nuages noirs sont subitement apparus. Un violent orage se déclencha avec une bourrasque accompagnée de pluie torrentielle. La visibilité
était devenue nulle : quel effet impressionnant ! J'ai réduit la vitesse et mis en action le radar qui était positionné sur standby. Heureusement environ 20 minutes plus tard le temps s'est
éclairci; mais le vent restait soutenu. Les vagues gonflaient dans le canal surtout à l'approche de la sortie sur la mer à Boca Grande. Les conditions se sont bien améliorées en fin de matinée
après avoir traversé ce qu'ils appellent en Floride " a Thunderstorm" qui peut parfois être bien plus violent. Notre désir d'atteindre Venice était si fort en ce 23 décembre que nous avons
poursuivi notre voyage jusqu'à destination. En fin d'après-midi nous y étions et nous nous sommes installés à Crow Nest Marina où nous avons trouvé, à notre grande surprise, des bicyclettes à
notre disposition. Quel bonheur ! Nous avons pu faire nos courses dans un centre d'achat "Publix".
Sur le parcours nous
avons pu découvrir que nous nous trouvions près d'une superbe place de sable très fin. La petite ville, quant à elle, dégageait une coquette ambiance avec ses nombreuses décorations. La propreté
semble de mise partout dans la ville.
Ce soir là nous avons appelé notre
fille Nathalie à Miquelon. La veille de Noël, par un temps pluvieux et une température de 12° nous avons effectué des achats appropriés aux préparatifs de la fête de Noël. J'ai pu, par exemple,
en arrivant au bateau, faire une bûche de Noël avec un biscuit de Savoie roulé que j'ai enrobé de moka. J'y ai collé des petits sujets comme une scie, un bucheron, quelques champignons et bien
sûr un père Noël.
Entre temps et chacun
de son côté, l'un dans la chambre, l'autre dans la timonerie, nous avons emballé nos cadeaux.
A22H15 le taxi était là pour nous prendre
et nous conduire à l'église catholique « Epiphanie » où nous avons suivi la messe de minuit. N’ayant pas trouvé de taxi à la sortie de la messe nous sommes rentrés à pied au bateau.
Cela nous a fait faire trois quart d'heure de marche. A l'arrivée nous nous sommes empressés de remettre les cadeaux et comme des enfants, avec bonheur nous les avons déballés. Contents tous
les deux nous nous sommes enlacés . Cependant, alors que nous nous regardions heureux, un élan de tristesse nous avait envahis presqu'en même temps puisque nous avons eu une pensée
commune et simultanée pour la famille et en particulier pour nos filles et notre petit-fils. Ils nous manquaient à ce moment précis et des larmes ont brouillé nos regards. On s'est à
nouveau enlacé et on a décidé de faire notre repas pour retrouver nos esprits. Nous avons ensuite appelé les cousins d'Anne-Marie à Montréal et nos amis canadiens. Tout le monde faisait un
réveillon dans la bonne humeur. Nous avons, pour terminer , mangé un bon morceau de bûche avec un verre de champagne. Noël c'est la vraie fête de famille et c'est dans la journée que nous
recevrons les appels téléphoniques de tous. En attendant nous sommes partis nous coucher avec une belle impression d'un Noël à deux réussi, grâce à nos présents et aux décorations que
nous avions préparées pour la circonstance. Nous avons reçu, dans la journée de Noël, des appels de certains membres de la famille et des amis de St-Pierre. Nous étions heureux de les entendre et
d'apprendre que tout le monde se portait bien et avait été gâté.
Le lendemain Kelly est venu passer un moment avec nous et nous avons fait une promenade sur la plage. Le temps était ensoleillé mais frais. Kelly nous a quittés
vers 17H et il nous a dit qu'il ferait le maximum pour venir faire un tour du côté de St-Petersburgh. Le 27, le temps s'est réchauffé un peu alors nous avons consulté la carte pour la poursuite
du voyage. C'est là que j'ai repéré, sur notre route, une petite île qui s'appelait "Anna Maria Island". Quelle belle coïncidence. On ne pouvait pas passer à côté sans s'y arrêter. C'était donc
décidé et deux heures après avoir quitté Venice, avec un passager volant avec nous, nous sommes arrivés à la marina Galati's où, en prenant des précautions pour rentrer à cause de
la faible profondeur d'eau, nous avons amarré.
Pour la bonne humeur des
visiteurs il y avait un écriteau à l'entrée de l'île placé sur une imitation de fondation de maison. Il y était écrit sur le mûr de chaque côté d'une entrée de porte, sans porte mais avec
tout de même un encadrement: à gauche "No roof-no doors-no windows-no bars-no guest for yrs n'yrs" ( traduction : pas de toit-pas de porte-pas de fenêtre-pas de barreaux-pas d'hôtes depuis des
années et des années) et à droite : "Anna Maria city jail-air conditioned" (traduction : prison de la ville d'Anne-Marie- air conditionné). Nous avons également trouvé sur la carte postale où cet
écriteau est illustré un texte en anglais qui disait en final "Au moins vous ne vous sentez pas enfermé sur l'Ile d'Anne-Marie)...
Nous
avons passé deux bonnes heures à flâner près des commerces de souvenirs et nous avons décidé de passer la nuit dans cette libre prison. Au réveil le lendemain à cause d'une garde enlevée par le
voisin (j'avais utilisé son amarre) le Wickie s'est retrouvé suspendu à l'avant sur le quai. Ironie du sort, nous étions alors prisonniers d'office sur l'île. C'est le fameux voisin, celui qui
avait récupéré mon amarre, qui nous a aidés à nous décrocher à l'aide d'un pied de biche. Sans dégât, nous avons quitté la marina.
Cela nous a pris deux heures et demi pour traverser la baie de Tampa et ensuite nous avons longé l'extrémité du pont Sunshine Skyline qui rejoint les deux rives de la
baie et avec un passager volant.
Sur cette
carte nous pouvons situer le lieu où nous nous trouvons (pointe Maximo)
De là nous nous sommes dirigés dans la baie Boca Ciega, là où se trouve la ville de St-Petersburgh. Nous avons jeté l'ancre à l'entrée de la marina
Maximo et avec le dinghy nous sommes allés prendre des renseignements sur la location d'appontement. Dans le même temps nous avons pris contact avec les propriétaires français du condominium loué
par mon beau-père et ma mère pour un séjour de trois mois à passer en Floride. Toutes ces démarches signifiaient que nous étions arrivés à la destination prévue. Nous ressentions sincèrement une
sensation de fierté et surtout de bonheur dans la réalisation de ce voyage l'année de nos noces d'argent. Malgré l'espace réduit sur le bateau et le stress de certains jours notre amour restait
intact. Nous avions, tant de fois entendu que ce genre de voyage avait souvent entrainé la rupture ches certains couples. Ouf ! ce n'était pas notre cas; merci mon Dieu. Le voeu que je m'étais
fait, dans le cadre de ce voyage et par rapport à Maxime, notre petit-fils était,: "Avec le Wickie, je dois amener mamie Anne-Marie à St-Petersburg en forme et heureuse mais je dois
également la ramener dans le même état physique et mental sur l'archipel. ". Avec cette première étape ce voeu devenait : "Nous avons atteint une partie de notre objectif et la seconde
partie sera maintenant le retour et j'aurai dorénavant à penser avec un nouvel élément du destin(Nathalie est enceinte) le devoir d'être sur l'archipel pour la naissance prévue fin juillet
de l'année prochaine d'un deuxième petit-enfant". Notre Wickie prendra encore une très grande part de mon attention parce que, plus que jamais, il est devenu le véritable joyau de
notre aventure. Au moment d'inscrire en majuscules sur le livre de bord à la date du 28 décembre à 12 heures "ARRIVEE A ST-PETERSBURG, NOUS JETONS L'ANCRE DANS BOCA CIEGA BAY EN FACE DE
MAXIMO MARINA ", Anne-Marie profite de me montrer ses relevés sur de petits papiers volants sur lesquels elle avait noté le temps réel de navigation. Ainsi pour venir jusqu'ici, nous avions
navigué 413 heures.
Maintenant sur place nous devons organiser notre séjour pour environ deux mois et demi. La réservation de maman et
de mon beau-père (tous deux prévus arrivés à la mi janvier)pour la location d'un condominium assez spacieux pour 6 personnes, nous y prédisposait. Eh oui! Et le troisième couple à venir en
février c'est Nathalie et Olivier. Et grand-mère Yvon (83 ans) a aussi prévu se joindre à nous pour quelques semaines. En fait, notre aventure offrait l'occasion d'un rassemblement d'une partie
de la famille en Floride. Quel bonheur !Nous avions un peu de tristesse, par contre, à cause de l'impossibilité pour Sylvie, Jean-Christophe et Maxime de venir nous rejoindre. Cette absence sera
cependant compensée par la lecture d' une bande vidéo tournait avec Maxime à Noël et qui nous sera remise par nos amis Blanche et Roger prévue arriver le 31 décembre. Mais, compte tenu des
conditions météorologiques nos amis n'arriveront que le 1er janvier les vols en provenance de Toronto ayant été retardés. Nous entamerons, dans un premier temps, l'année 1994 avec Blanche et
Roger et comme étrennes la fameuse vidéo sur le Noël Maxime avec ses parents. VIVE 1994.
Les prochains épisodes (en cours de préparation )
- résumé du séjour à
St-Petersburgh
- le voyage retour