VOYAGES

Mardi 18 mai 2010 2 18 /05 /Mai /2010 14:25

 

 

 

 

                 TITTUSVILLE-NORFOLK

 

 

 


Ce vendredi donc, 1er avril , il faisait, beau, un petit vent frais de NO soufflait à une dizaine de noeuds. Nous avons fait une petite balade matinale à pied avant de quitter la marina pour nous rendre à Palm Coast. Là nous avons fait 50 gallons de fuel. A 10H25, nous avons repris le canal  pour poursuivre notre voyage du retour. Après 3H20 de navigation nous avons accosté au quai de la marina Ste-Augustine Marine à St-Augustine.

Comme nous étions le vendredi Saint nous nous sommes empressés de nous rendre à la Cathédrale du centre-ville pour assister au chemin de croix. A l'issue de la célébration nous nous sommes promenés dans le quartier espagnol et nous avons regagné le bateau vers 19H30. Pour souper nous avons savouré un bon plat de macaroni au fromage gratiné et à 22H nous nous sommes faufilés sous les draps pour la nuit. Le lendemain après le petit déjeuner et la douche nous avons entrepris le recollage de la bande de vinyl du plafond de la chambre qui s'était décollé avec l'humidité. Cette fois nous avons utilisé de la colle contact pour une meilleur adhérence. Dans la matinée l'ami français, rencontré à l'aller, est venu nous rendre visite. Il est resté à manger avec nous. Lorsqu'il nous a quittés vers 13H15 nous avons sorti nos bicyclettes pour aller sur la place du centre-ville où stationnaient de nombreux stands d'artisanat et de confiseries. La température était très agréable : 23° c'était donc un plaisir de circuler en vélo.  Nous avons fait quelques achats de cadeaux souvenirs et nous avons pris le soin de bien choisir nos chocolats de Pâques dont le choix en qualité n'était pas aussi riche que chez nous en France. Au retour j'ai déplacé l'antenne du GPS que je pensais trop près du radar. Pour le souper j'ai préparé du saumon aux fines herbes et à la moutarde que j'ai cuit sur barbecue dans du papier aluminium. Nous nous sommes régalés. Le soleil était encore au rendez-vous le lendemain, jour de Pâques. Nous sommes allés à la Cathédrale pour la célébration de la messe mais avant de rentrer nous avons appelé nos filles et la famille pour leur souhaiter de passer de Joyeuses Pâques. Et c'est nos filles qui nous ont rappelé qu'il y avait eu changement d'heure dans la nuit dans toute l'Amérique du Nord. L'heure avait été avancée d'une heure. Nous avons alors réalisé que nous ne serions pas à l'heure à la Cathédrale. Comme de bien entendu nous avons assisté à la fin de la messe. Lorsque nous sommes arrivés au bateau  pour diner nous avons trouvé accroché à la porte , un bouquet de tulipes avec une carte de voeux de Joyeuses Pâques de la part de notre ami breton. Nous l'avons installé sur la table pour donner un air de fête à notre repas.  A la fin du repas nous sommes repartis nous balader et cette fois sur la plage. Là nous avons appris qu'il y avait une parade qui défilerait  au centre-ville. Nous y sommes donc allés et nous l'avons trouvé bien orchestrée avec des chars ornés de fleurs et décorés sur des thématiques infantiles ( les pirates, le chat , la souris, l'ours et la nature sauvage etc.) sponsorisés par différents commanditaires Le décor était très coloré et la musique agréable.

char1 Pâques St-Augustinechar2 Pâques St-Augustine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Pour le retour nous sommes repassés par la plage et arrivés à la marina nous avons appelé quelques amis avant de savourer en guise d'apéritif un bon verre de champagne. Vive Pâques 1994 ! le menu du souper a été un rôti de porc avec pommes de terre roties. Hummmm! C'était un régal. Et voici notre dessert (photos).

chocolat de Pâques Annechocolat de Pâques Claude

 

  Détendus et heureux Anne-Marie s'est mise à lire alors que moi je suis sorti au grand air pour fumer une bonne cigarette. Quelques minutes plus tard c'est le breton qui nous a fait une bonne surprise en venant nous inviter à prendre le champagne chez lui. Et c'est jusqu'à 3 heures du matin que nous avons poursuivi notre soirée avec dégustation de bonnes petites pâtisseries arrosées de deux bouteilles de champagne et dans une chaleureuse ambiance. C'est Jean-Pierre qui nous a ramenés au bateau et lorsque nous nous sommes couchés nous nous sommes vite endormis le champagne ayant eu un réel effet de somnifère. Au réveil à 9 heures nous avons pris notre petit déjeuner et je suis allé poster des cartes postales et au retour j'ai réglé la marina et à 11 heures nous avons quitté Ste-Augustine Marine. Après avoir franchi 70 miles nautiques et 5 ponts nous sommes arrivés à Fernandina Beach vers 19H30. Nous avons jeté l'ancre dans la zone de mouillage. La navigation a été agréable surtout dans l'après-midi lorsque le soleil s'est montré et a réchauffé la température jusqu'à 24°. Maintenant bien installé à l'ancre nous avons pris un souper léger parce que, fatigués, nous avions hâte d'aller nous reposer.C'est avec un beau soleil que nous avons repris l'intracostal le lendemain. Nous avons quitté la Floride pour rentrer en Géorgie et c'est en milieu de matinée que nous avons passé la base sous-marine américaine de Kings Bay. A l'aller nous y avions croisé un sous-marin qui rentrait et qui nous avait surpris par son remous. Vers 14 heures nous avons décidé de jeter l'ancre là où nous l'avions fait le 21 novembre 1993, à Wailys Leg. Le vent fort de Sud Ouest qui soufflait nous déportait beaucoup alors j'ai du prendre la décision de changer de zone. Mais l'ancre ne s'accrochait toujours pas alors nous nous n'avions pas d'autre choix que de poursuivre la navigation jusqu'à la prochaine zone d'ancrage qui se trouvait à New Teakettle Creek. Vers 17 heures nous y étions mais nous avons connu les mêmes difficultés à cause du vent fort qui persistait ce qui nous a obligés de continuer à monter jusqu'à la marque verte suivante du balisage   là où il était indiqué sur les intructions nautiques qu'il y avait une marina. Arrivé sur le lieu nous n'avons pas repéré de marina ce qui nous a amenés à constater que notre document n'était pas récent et qu'apparemment la marina n'existait plus. Nous arrivions en fin de journée; la nuit commençait à tomber et la fatigue se faisait sentir.Enfin c'est vers 20H30 que nous avons réussi à jeter  l'ancre dans une crique plus abritée : Johnson Creek. Par sécurité j'ai tout de même installé un double mouillage avec ancre et grappin. J'ai voulu nous assurer une nuit tranquille et cela a été le cas. Dès le départ le lendemain nous avons cherché une marina pour nous ravitailler en fuel. La première à notre passage se trouvait dans un endroit encaissé et la profondeur de l'eau était faible. Comme le balisage d'entrée faisait défaut je n'ai pas pris de risque et nous avons continué jusqu'à 5 miles plus haut pour nous ravitailler à Kilkenny Marina. Nous avons ensuite poursuivi notre parcours et en milieu d'après-midi alors que nous faisions le point sur la carte nous avons constaté avec plaisir que nous quittions la Géorgie que nous avions trouvé aussi inhospitalière qu'à l'aller. Cela devait être du aux difficultés rencontrées et de l'environnement qui était plus sauvage et marécageux. Il était 15H et enfin nous avons trouvé un autre caractère environnemental en Caroline du Sud. Les belles propriétés qui bordaient le canal ressemblaient bien plus à celle de Floride ce qui nous faisait remarquer une similitude du niveau de vie des habitants. C'était donc des paysages constrastés que nous retrouvions  par rapport à celui de la Géorgie et après quelques miles parcourus c'est un environnement accueillant et agréable qui s'offrait à nous. Les palmiers étaient réapparus le long du canal où nous pouvions admirer de superbes propriétés avec le quai attenant. Même le prix du fuel était plus attractif, c'était étonnant mais on en a profité pour faire le plein. De 17H à 19H nous avons traversé un passage où se trouvait une entrée par l'océan et où les courants étaient assez violents. Avec l'aide du fort vent de Sud-ouest  ce passage nous a rappelé les caprices de la mer avec houle et une agitation tumultueuse qui nous a fait affronter de belles vagues également. Nous étions proches de Port Royal et l'inconfort du moment nous a paru très long. Heureusement le Wickie avec ses deux puissants moteurs nous a fait tenir ces vingt longues minutes dans le chenal dont le balisage devenait difficile à repérer visuellement. C'est à Beaufort que nous avons jeté l'ancre peu avant 20H , cette petite ville qui nous avait beaucoup charmés à l'aller. Nous y sommes restés deux nuits. Nous avons profité de laver le bateau surtout l'avant qui était couvert de boue avec l'ancre suite aux nombreux mouillages et nous avons fait des provisions en épicerie et en matériel de maintenance.  Compte tenu de l'importance de notre ravitaillement en épicerie nous avons apprécié l'utilité de notre petit chariot à roulettes. Malgré le vent de Nord-Ouest qui a été fort et les passages orageux  nos deux mouillages ont tenu bon. Durant ce petit séjour nous avons fait le point sur notre parcours et nous avons calculé la distance de Beaufort  n°125 du balisage jusqu'à Sorel, à l'embranchement donc du fleuve St-Laurent; elle était de 950 miles en passant par le Lac Champlain comme prévu.

Lors de notre sortie à terre nous avons  rencontré un couple de l'Ontario qui, sur un petit bateau de 20 pieds appelé le M/V Bear, s'était engagé à faire le même parcours que le nôtre. Nous avons trouvé leur projet ambitieux sur un si petit bateau. Il y avait très peu d'espace tellement ils avaient de vêtements et de matériels. Parce que nous avions évoqué notre intention de passer par le lac Champlain, Kent , le propriétaire du bateau, nous a offert le guide pour le Lac. Dans la soirée nous sommes retournés les voir pour leur offrir un cadeau et nous avons découvert que Kent était à flâner sur les abords du quai alors que sa femme était restée à bord du bateau. Nous sommes embarqués sur leur invitation mais nous n'avons pas pu rester bien longtemps tellement il manquait d'espace. C'était étouffant dans cette petite timonerie.  Ils ont compris notre empressement à sortir et après les avoir remerciés, nous les avons quittés en leur souhaitant beaucoup de courage dans l'exécution de leur projet.

Départ du "Bear" (photo ci-dessous)

                  Sur-le-lac-Okeechobee-001.jpg

     

  A partir de Beaufort nous avions 464 miles à parcourir pour atteindre le point "0" de l' ICW situé à Norfolk. Nous avons donc quitté le vendredi 8 avril. Les étapes ont été les suivantes : Wild Dunes marina à l'Isle of palm, Georgetown, Enterprise Leg,North Myrtle Beach ( nous avons alors quitté la Caroline du Sud) - South Port - Seabreeze ( Carolina Beach) - Swanboro ( Dudleys Marina) - Moorehead City - Beaufort ( Caroline du Nord) - traversèe des rivières - Neuse River- Bay River - Pamlico River et Pungo River - Mouillage de Bellhaven - Alligator River - Albermale Sound - North River. Le 15 avril nous étions à Coinjock où nous avons rencontré un Québécois. Robert, c'est son prénom, venait des Antilles et remontait vers Montréal avec son voilier du type Jeanneau de 30' et baptisé "FIDJI II ". Autour d'une tasse de café, prise à notre bord nous avons dialogué au sujet de nos aventures récirpoques et  nous avons finalement sympatisé. On s'est donné rendez-vous à Norfolk là où nous pourrions poursuivre notre voyage ensemble. Le lendemain nous avons fait notre entrée en Virginie, là où un skipper en panne de moteur avec son voilier " le Pélican" nous a sollicités pour un remorquage (Il faut dire que les voiliers doivent démater pour le passage des ponts ce qui les obligent à naviguer à moteur). Les manoeuvres à l'ouverture des ponts nous demandaient beaucoup de précautions mais nous avons amené le " Pélican" à la marina "Atlantic Yacht Basin" après trois heures de remorquage. Tout le monde était heureux de cette opération de secours. Le 16 nous avons stationné au quai public situé à proximité du pont "Great Bridge" à l'entrée de l'écluse que nous avons franchie pour arriver au niveau de la marina " City dock marina" de Norfolk le dimanche 17 avril à 16 heures. Nous étions alors à l'embouchure de la baie de "Chesapeake" là où nous avons retrouvé le "Fidji II". Norfolk est une base navale impressionnante de par l'énorme flotte militaire qui stationne dans le port et également un chantier naval. Mais c'est aussi pour nous français le lieu de naissance de notre poète Francis Vielé-Griffin décédé à Bergerac en 1937 à l'âge de 73 ans. Ce poète, en symboles simples, transfigurait la réalité, notamment les paysages de Touraine ( La clarté de la vie - 1897-) Il exprimait toujours un amour grave et fervent de la vie. Un exemple de sa poésie ;

 

La lente Loire passe altière et, d'île en île,

Noue et dénoue au loin, son bleu ruban moiré ;

La plaine, mollement, la suit, de ville en ville,

Le long des geais coteaux de vigne et de forêt.

 

Elle mire, orgueilleuse, aux orfrois de sa traîne

Le pacifique arroi de mille peupliers,

Et sourit doucement à tout ce beau domaine

De treilles, de moissons, de fleurs et d'espaliers.

 

Ce jardin fut le nôtre, un peu de temps encor,

Ta douce main tendue en cueillera les rosés;

J'ai regardé fleurir dans sa lumière d'or

La fine majesté des plus naïves choses.

 

Les reines ont passé ; voici la royauté

Des Lys, que leur blason au pqrterre eût ravie,

Et voici, fraîche encor d'éternelle beauté,

La frêle fleur éclose à l'Arbre de la Vie.

 

 

 Ce poète avait loué le chateau de Nazelles, près d'Amboise" Il chante alors la Touraine dans des poèmes empli de fraîcheur. Il a composé également " La Partenza", élégie de 23 poèmes.

 

 

 

A SUIVRE...

   

 
Par Claude-Anne-68 - Publié dans : VOYAGES
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Samedi 19 septembre 2009 6 19 /09 /Sep /2009 18:55

 

 

                         


                       ST-PETERSBURG - TITTUSVILLE



 

Le Lendemain à 10H45, nous avons quitté le quai en présence de grand-mère, maman et Dédé et du père du propriétaire du quai. Nous repartions dans la joie et l’espoir de nous retrouver tous en famille à Saint-Pierre. Cette journée s’annonçait belle puisque le temps était ensoleillé et la température de près de 26°. Nous sommes sortis de Boca Ciega bay pour rejoindre le golfe du Mexique et la traversée jusqu’à Venice a été magnifique. Le toit de la timonerie était ouvert, Anne-Marie s’était assise sur le dessus et moi j’avais la moitié du corps hors de la timonerie;  je gouvernais avec le pied. A l’intérieur du bateau il faisait 36°. C’était étouffant lorsque je devais m’asseoir pour prendre la barre et j’ai beaucoup apprécié le petit ventilateur  branché sur l’allume cigares qu’Anne-Marie avait eu la bonne idée d’ acheter. Fixé au rétroviseur il brassait suffisamment l’air vers mon visage pour me donner une sensation de fraîcheur  La température ne changeait pas mais ce courant d’air m’était agréable. A 17H15 nous avons accosté à la marina « Crow Nest » de Venice.  Nous avons fait du fuel et avec nos vélos nous sommes allés faire de l’épicerie  chez Publix.

La météo étant propice et la navigation tellement agréable dans le golfe que nous y sommes retournés le lendemain plutôt que de prendre l’intracostal. Encore sous une température torride nous avons navigué sept heures dans le golfe pour nous rendre à Fort Myers Beach. De là nous avons repris l’intracostal qui se confond avec « Caloosahatchee river ». Nous avons jeté l’ancre près de la marina de Fort Myers pour passer la nuit. Après avoir fait le fuel, nous avons levé l’ancre le 24 pour poursuivre le voyage. Nous avons fait un arrêt à Olga pour saluer le personnel de la marina « Jack’s marine » qui s’était tant donné en décembre pour réparer le moteur dans un temps record  afin que nous puissions être à Venice pour Noël. De plus nous avons pris contact avec Kelly et Tammy au téléphone pour une nouvelle fois les remercier pour l’accueil à cette même période. Les conditions de navigation étaient parfaites ; nous repassions par les mêmes écluses qu’à l’aller et nous ne remarquions pas trop de différence dans l’environnement naturel, comme si  les saisons, par ici,  n’existaient pas.


 
Avant d’arriver à Moore Haven où nous nous sommes mis une nouvelle fois à l’ancre, nous avons aidé un skipper de voilier qui naviguait à moteur mais en panne d’huile; je lui en ai passé. Moore Haven est une petite ville industrielle qui n’a pas d’infrastructures de luxe comme nous pouvons trouver dans les lieux touristiques. Les constructions sont d’architectures anciennes mais la marina est fort bien équipée avec toutes les commodités de réparation également. Il y a de nombreux hydroglisseurs qui laissent supposer qu’il est le moyen de se déplacer pour les chasseurs et pêcheurs, d’autant que les marais herbeux étaient importants.. Nous avons poursuivi notre traversée de la péninsule floridienne en franchissant le lac Okeechobee, l’écluse Mayaca, le canal et l’écluse Ste-Lucie. C’est dans cette dernière écluse que nous avons du subir une longue attente en raison d’une panne de porte. A Stuart nous nous sommes mis à l’ancre. En quittant Stuart le lendemain nous nous sommes retrouvés de nouveau sur la côte atlantique au « mile 180 » ( distance référencée à partir du point 0 de l’Intracostal situé à Norfolk).A partir de là nous remontions vers le Nord à destination de notre archipel. Et c’est justement de la fraîcheur de nord que nous aurions eu besoin parce que la chaleur était torride (35° dans la journée, 50° au soleil). Mon petit ventilo ne suffisait pas.










Arrivés à Véro Beach , nous avons du nous ranger  près d’un catamaran au mouillage (le « Jenny Dee ») par manque de place à la marina. Le couple propriétaire nous a particulièrement bien accueillis. Nous sommes descendus à terre avec nos vélos que nous avions amenés sur notre dinghy. On a pu ainsi se balader et faire des courses.  Par bonheur nous avions repéré une église catholique,  la Cathédrale Ste-Hélène.  Ainsi le lendemain nous  
avons revêtu nos habits du dimanche pour aller prier dans une des églises catholiques qui sont si rares à proximité de l’Intracostal. A l'’étape suivante, à Tittusville, là ou se trouve exposée une des navettes spatiales de la NASA, nous n'avons pas été épargnés. Et c’est là que l’on pourrait peut-être penser que  notre foi nous a sauvés ?  Arrivés le soir du 28 nous nous étions bien installés à l’ancre à quelques encablures de la marina. Nous y avons passé une petite soirée de rêve. La température était agréable 22° et pas un souffle de vent. En face de nous se trouvaient des «  piers « (petite avancée sur l’intracotal en structure de bois fixée sur pilotis) là où quelques pêcheurs étaient venus pêcher en fin de journée. De chaque côté les abords du canal étaient formés d’une longue bande de gros rochers et pas très loin vers le sud  un énorme  pont reliait les deux rives. Nous n’entendions pas le trafic des voitures  parce qu’il  n’était pas trop dense. L’atmosphère se trouvait de fait, plutôt agréable. Ambiance idéale pour se faire un bon petit barbecue sur le pont arrière du Wickie. Comme au restaurant, le menu prévu était complet, entrée : pâté, plat de consistance : côtes de porc, fromage à la française et dessert :tarte au citron vert ; le tout  accompagné d’un burgundi et d’un petit blanc américain. Le bonheur quoi !!! Nous avons donc savouré ce souper à la tombée de la nuit et déjà au milieu du repas nous apercevions quelques étoiles et des décharges électriques à l’horizon comme si les lumières éclairant la terre étaient des flashes. En même temps nous contemplions la lune qui gravissait toute ronde au zénith dans l’immensité du ciel. L’eau toute moirée avait des petits frissons luisants. N’était-ce pas cette nuit douce que Dieu semble avoir faite pour les tendresses L’ambiance était si paradisiaque que nous n’avions pas pensé un seul instant qu’il pouvait s’agir d’un signe de mauvaise météo pour la nuit. Et je n’avais pas pris la précaution d’écouter les prévisions météorologiques. A 22H00 le cœur rempli de bonheur dans cette nuit de conte de fées, plein d’amour, nous avons regagné notre chambre. Dans la nuit vers 3H00  nous avons été réveillés par des coups brutaux  sur le mouillage qui se répercutaient sur le davier d’ancre. C’était bruyant et nous sentions que la mer se levait  par un vent qui semblait s’intensifier. Une demi heure plus tard, sur un coup violent nous avons entendu un bruit de métal sur le pont. On tanguait comme en haute mer. Je me suis habillé et j’ai revêtu mon manteau de sauvetage pour me rendre sur l’avant du bateau. J’ai demandé à Anne-Marie d’en faire autant et de préparer la torche électrique. Arrivé sur l’avant j’ai constaté que le davier avait été arraché du nez (la fixation était pourtant très puissante) et il se baladait de gauche à droite à grands bruits. Lorsque j’ai  décroché le mouillage du davier j’ai constaté en même temps que nous dérivions. Anne-Marie avait ouvert le toit. J’ai attaché de nouveau le mouillage au taquet  tribord de l’avant et je suis parti bien vite mettre les moteurs en marche parce que le temps et la mer étaient en furie. En retournant sur l’avant j’ai demandé à Anne-Marie de se préparer à manœuvrer mais j’avais besoin d’éclairage et comme souvent en de telles circonstances, la torche électrique qui venait pourtant d’être chargée (elle contient des batteries rechargeables) ne fonctionnait pas bien. Elle manquait de puissance et s’éteignait souvent. Les conditions n’étaient donc pas idéales mais le stress s’intensifiait comme la météo et il fallait faire vite. J’ai réussi tant bien que mal à relever l’ancre, en tout cas, suffisamment pour pouvoir repartir  et tenter de se rendre à la marina de Tittusville. Anne-Marie n’arrivait pas à manœuvrer le bateau alors j’ai accouru pour prendre les commandes et  à cause de l’ancre qui n’était pas entièrement remontée il fallait  faire marche arrière pour  reprendre le chenal en tout sécurité. Nous étions très près du rivage bordé de rochers et d’un " pier ". J’avais laissé la porte de la timonerie ouverte et lors de la manœuvre, les vagues d’environ 1 m se sont écrasées sur la poupe projetant une masse d’eau sur le pont arrière et dans la timonerie.
Anne-Marie était à la porte pour me guider et elle a alors pris une sévère douche d’eau de mer. Elle a perdu respiration mais elle a refermé aussitôt la porte et a repris  sa respiration à l’intérieur. Je la croyais paniquée mais ce n’était pas le cas. Arrivés dans le chenal de navigation l’ancre ne touchait plus  le fond  alors  nous avons pu  faire route doucement vers la marina en la trainant au bout du mouillage. A l’abri dans la marina j’ai pu remonter complètement l’ancre pour retrouver une condition normale de conduite du bateau. Au moment de notre tumultueux débat au levage de l’ancre nous avons aperçu une voiture qui s’était installée, les feux orientés vers nous pour nous aider. Cela nous a été utile pour apprécier la distance qui nous séparait du « pier ».Elle s’est déplacée jusqu’à l’entrée de la marina pour continuer à nous éclairer. Nous avons pu distinguer en entrant qu’il s’agissait d’une ambulance. Nous avons donné un coup de sifflet pour remercier ces ambulanciers toujours prêts à faire du sauvetage. A 5 heures nous étions enfin au quai à la marina. Le cœur affolé et encore bouleversés on s’est assis à table en se regardant et en se disant que c’était une chance divine que l’on ait réagi à temps pour quitter le mouillage. Ouf! Merci Mon Dieu. Le vent soufflait toujours autant mais nous étions en sécurité. Nous avons bu un chocolat chaud et nous sommes partis nous reposer en espérant pouvoir quitter la marina dans la matinée. Vers 8 heures nous avons fait du fuel pour repartir aussitôt mais il y avait quelque chose d’anormal; lorsque j’enclenchais le moteur droit il calait.  Nous nous sommes observés  et  on s’est posé la même question : « où était le filin que nous avions  lové la veille avant le souper ».  Après réflexion nous en avions déduit qu’on avait du le poser sur l’arrière du bateau et qu’au cours de la manœuvre de nuit en marche arrière, il était tombé à l’eau  et qu’il devait se trouver enroulé dans l’hélice. J’ai donc décidé de plonger pour voir si c’était bien cette situation et éventuellement l’enlever. En maillot de bain et avec lunettes et tuba, j’ai plongé dans une eau sombre et vaseuse. Je pensais voir quelque chose mais après plusieurs tentatives j’ai fait le constat que l’eau était trop chargée et qu’il n’y avait aucune éclaircie à espérer. Alors que je remontais de ma dernière petite plongée, j’ai aperçu un couple qui  discutait sur l’appontement avec Anne-Marie. En même temps Anne-Marie me faisait signe de me retirer de l’eau bien vite. Arrivés près d’eux, Anne-Marie m’a présenté ce couple de miquelonnais (Jean et Yvonne) installé à Montréal depuis de nombreuses années et qui se trouvait en vacances en Floride sur leur bateau de plaisance. Lui est un capitaine de bateau en retraite et tous deux vivent dans un trawler de 42 pieds « le Mylendie ».
Chaque année ils passent l’hiver en Floride et cette année ils s’étaient arrêtés à Tittusville. Quelle coïncidence ; nos déboires avaient fait que nous puissions nous rencontrer. Et le premier avertissement qu’ils m’ont donné est de ne pas aller dans l’eau parce que depuis quelques jours les responsables de la marina étaient à l’affût pour repérer un jeune alligator qui s’y était infiltré . En raison du danger il fallait le capturer et le ramener dans son espace naturel .Heureusement que je ne l’avais pas rencontré parce que cela aurait pu être dramatique mais j’aurais pu me trouver en présence d’un manatee (lamantin) aussi puisque lui fréquente naturellement la marina. Nous l'avons vu justement et je me suis imaginé le rencontrer lors de mes plongées. Je serais sorti de l'eau comme une fusée ou je serais mort de peur. Ouf! cela n’a pas été le cas.

manatee-1.jpgmanatee

   Lamantin de Floride        

Nous avons donc fait appel , par l’intermédiaire du responsable de la marina, à un plongeur professionnel. Compte tenu du risque représenté par la présence du fameux alligator, le plongeur « Rob » a mis une corde à sa taille et m’a chargé de la tenir et de tirer sur la corde pour l’aviser si je voyais la bête. A 10H00 le filin était enlevé de l’hélice. Et comme nous avions acheté un nouveau davier à St-Petersburg, davier pratique qui permettait de  laisser l’ancre accrocher pour naviguer, nous avons décidé de profiter de l’installer. Anne-Marie sur le pont et moi dans le compartiment avant, dans une position inconfortable nous avons entrepris l’installation. Une fois la plaque de renfort en métal fixée dans le compartiment au niveau des trous de boulons j’ai demandé à Anne-Marie de placer le davier et de faire glisser les boulons dans les quatre trous. Tout d’un coup j’entendis un cri «  AHHHH !!! non !!!  ». Je suis vite remonté sur le pont et Anne-Marie toute penaude et très déçue me dit : « le davier m’a lâché des mains et il est tombé à l’eau ». Bon il ne me restait qu’à réfléchir à la façon de le récupérer. Lorsque le responsable de la marina est venu voir ce qui se passait il m’a dit que le fond de la marina était vaseux et que l’épaisseur de la vase était importante. Il nous a préconisé d’utiliser notre grappin pour tenter d’accrocher le davier sur le fond et le remonter. C’est ce que j’ai essayé pendant un long moment mais sans résultat. Nous devions faire une croix sur ce « beau davier ». Cependant en fin d’après-midi nous en avons acheté un autre alors que nous étions à faire des courses avec Jean et Yvonne. Nous avons ensuite mangé avec eux.. Le lendemain après avoir fixé le nouveau davier (cette fois en ayant pris la précaution de l’attaché au guindeau à sa mise en place) ; nous avons passé une nouvelle journée avec Jean et Yvonne entre le shopping et les repas à bord du « Mylendie ».











 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

départ (photo Jean et Yvonne)  

 

 

Le 31 mars à 10H00 nous avons quit té Tittusville et nous sommes restés en c ommunication radio VHF avec le « Mylendie » jusqu’à 12H30.  A16H00 nous avons passé « Daytona Beach » et à 18H30 nous avons jeté l’ancre à « Flagler Beach ». Aux environs de 20H00 une jeune policière de la garde côtière  qui trouvait que nous étions un peu trop dans le chenal de navigation nous a fait bouger en nous indiquant où nous mettre. J’avais des doutes sur la profondeur tout en regardant le sondeur. Mais elle a insisté donc j’ai mouillé à l’endroit indiqué. 20 minutes plus tard il me semblait que le bateau touchait le fond. J’ai contrôlé avec un fil à plomb et  j’en ai ainsi eu la certitude. La marée était de jusant alors il me fallait être rapide pour retirer tout de suite le wickie de sa mauvaise posture. J’ai mis le dinghy à l’eau et comme je l’avais déjà fait à Barnegat j’ai essayé de le tirer mais prise dans l’herbe l’hélice a forcé et la clavette de sécurité a cassé ; et par malchance c’était celle de secours qui était en place. Donc plus de moteur hors bord. Je suis revenu au bateau en envisageant une autre solution : utiliser le grappin. Je l’ai donc pris avec sa corde de mouillage  et aidé d’Anne-Marie avec le dinghy je suis allé le jeter dans le chenal. Je suis revenu au bateau et j’ai utilisé le guindeau pour haler sur le mouillage et  ramener le wickie dans le chenal.. L’opération a réussi. Comme nous risquions d’être verbalisés en mouillant trop près du chenal de navigation, nous avons choisi de rentrer à la marina. Est-ce que c’était le but de la manœuvre de la policière ? Si ça l’était ,elle aura réussi.



dans ce bateau la policière qui nous fait changer de mouil               Photo ci-après plutôt insolite


 














 

 

 

 

Prochain épisode :   Tittusville - Norfolk

Par Claude-Anne-68 - Publié dans : VOYAGES
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Mercredi 5 août 2009 3 05 /08 /Août /2009 22:12



DEBUT DE L’ANNEE 1994 EN PRESENCE DES AMIS ET D’UNE PARTIE DE LA FAMILLE . TRAVAUX DE RESTAURATION DU WICKIE ET VACANCES EN FAMILLE JUSQU’AU 21 MARS

 

Nous avons passé la St-Sylvestre avec les connaissances de maman et Dédé, les propriétaires du condominium loué, Daniel et Andréa en présence de leurs amis québécois Diane et Gérald.. La soirée qui a commencé vers 22H00 était agrémentée de petits fours pour l'apéritif. Au coup de minuit c'est le champagne qui nous a fait ouvrir la nouvelle année. La soirée a été si sympathique qu'elle s'est poursuivie dans la nuit  jusqu'à 3H30 le matin. On avait tant de choses à se raconter sur nos aventures réciproques que l'on n'a pas vu le temps passer. Daniel nous a reconduit au bateau à cette même heure. comme je l'ai déjà évoqué ce jour, 1er janvier, nous allions revoir les premiers de nos amis présents sur le quai, à notre départ de St-Pierre . Nous leur avons téléphonés à 11H30 et ils venaient d'arriver. On s'est donné rendez-vous pour 14H00. Le repas du midi a donc été rapide avec au menu un poulet rôti acheté chez publix et à 13H30 nous avons pris le taxi pour nous rendre chez Blanche et Roger qui possédaient un mobil home dans un quartier de St-Petersburg. Ce fût d'heureuses retrouvailles dans le mesure où nous assumions le rendez-vous programmé à Saint-Pierre. L'occasion a fait que nos amis ont également joué un rôle de facteur en nous remettant tout le courrier dont une cassette vidéo sur le Noël de Maxime, notre petit-fils âgé alors de 17 mois. Notre gendre, Jean-Christophe, avait filmé et  nous avons pu lire la cassette vidéo avec attention puisqu'elle nous faisait vivre l'heureux moment de Maxime qui découvrait tous ses cadeaux dont les nôtres qui étaient parvenus à temps pour être placés au pied du sapin. Pour mieux vivre ce moment magique, nous avons visionné la cassette deux fois. Comme j'avais amené mon caméscope, j'ai profité des installations pour visionner, et en même temps montrer à nos amis, la cassette que j'avais faite sur la parade de Noël à St-Augustine. Pendant tout ce temps il y a eu des appels téléphoniques de St-Pierre provenant de Maman, Dédé, Nathalie, Olivier et  Sylvie et Jean-Christophe que nous avons profité de remercier pour la cassette de Noël. Vers 20H nous sommes tous partis dans un restaurant de fruits de mer, Blanche, Roger, Julien le frère de Blanche et sa femme France. La fête était à la NOUVELLE ANNEE. Plutôt que de nous ramener au bateau Roger et Blanche nous ont proposés de coucher chez eux. Bien installés dans le divan du salon et avant de dormir, nous avons lu tout notre courrier.
 Le dimanche 2 janvier nous avons participé au barbecue organisé par nos amis. Dans le courant de l'après-midi en guise de digestif nous avons marché dans le parc. En fin d’après-midi nous avons reçu au bateau les amis québécois de Daniel et Andréa que nous avions invités la soirée du 31.Ils ont passé un bon moment en notre compagnie et nous ont fait partager leurs connaissances des environs en nous indiquant leurs préférences sur certains lieux touristiques. Ils nous ont même fourni une adresse d'une boulangerie qui fait une varié de pains dont un excellent pain italien. Après leur départ nous avons relaxé en relisant une partie du courrier avant de plonger dans nos lits pour une bonne nuit. Les 5 et 6 janvier nous avons fêté l'Epiphanie avec Andréa et Daniel puis avec Blanche, Roger, Julien et France. J'avais fait les galettes feuilletées fourrées avec la crème qu’Anne-Marie avait préparée. La découverte des fèves a couronné les reines et rois, du premier jour Andréa et moi et le deuxième jour Roger et Blanche. Ces journées royales ont clôturé les festivité du nouvel an et comme la tradition le veut nous avons enlevé toutes les décorations de Noël en fin de journée du 6.
 Le reste du mois de janvier nous avons essayé de profiter de quelques parties de pêche en bateau avec les amis mais nous n'avons pas ramené le trophée qui est dans cette région un beau marlin ou un espadon. Cependant nous avons pris quelques beaux poissons comme la truite de mer, des bass et même du maquereau espagnol. Nous étions heureux de cette modeste pêche.

Ces sorties ne se sont pas renouvelées parce que j'avais du travail à faire sur le "Wickie" qui demandait un véritable entretien. Les températures du mois n'ont pas été idéales parce que le temps a été venteux et pluvieux ( de 20 à 22° elles pouvaient tomber à 10° et 13° le soir). Nous avons même parfois utilisé un chauffage à alcool. Comme nous étions sous abri (toitures au dessus de chaque appontement dans la portion de la marina où nous nous trouvions) on a pu exécuter nos travaux dans des conditions acceptables. J'ai commencé par changer le joint du cache culbuteur du moteur gauche et ensuite j'ai réparé le guindeau. Au remontage du guindeau un client de la marina de nationalité suisse francophone que nous avions déjà rencontré chez West Marine(commerce d'accastillage) avec son ami charpentier et sa femme, m'a proposé de m'aider. Il a eu pitié de moi quand il m'a vu sortir du bateau en nage tellement je suais. Il faisait 30° à l'intérieur du bateau dans le  coffre avant où se vissaient les écrous des boulons de fixation du guindeau et Anne-Marie qui était sur le pont à tenir les boulons avait des difficultés. Pierrot, c'est son prénom, se trouvait donc là au bon moment. Nous préconisant du calme (il a du constaté notre état quelque peu excité) avec le cool langage des suisses que nous connaissons tous, il a engagé la conversation. Cet agréable voisin qui stationnait à la marina avec son voilier a gentiment pris la place d'Anne-Marie sur le pont. Le guindeau a été fixé dans une meilleure ambiance puisque cela m'a permis de ne pas prolonger mon inconfortable position dans ce four qu'était devenu l'intérieur du bateau. A partir de Pierrot que est venu plusieurs fois prendre un café avec nous le soir, nous avons pris contact avec son ami pour effectuer les travaux de recouvrement du pont arrière qui était très abimé. Il s'agissait de poser du contreplaqué recouvert d'une mince couche de teck sur la bande de côté menant sur le pont avant et sur tout le pont arrière dont les panneaux de cale. Nous l'avons rencontré pour établir un devis. Il a sollicité l'aide de Pierrot pour l'assister. De mon côté, par mesure d'économie j'ai décidé de découvrir toutes les surfaces à rénover pour qu'elle soient prêtes à recevoir le nouveau matériau. Dès le lendemain nous avons approuvé le devis et le travail était engagé pour un délai d'une semaine. Pendant ce temps, nous avons entrepris des travaux de rénovation intérieure dont le remplacement du vinyle des plafonds de tout l’intérieur du bateau. Nos bicyclettes achetées le 15 janvier alors que nous étions avec nos amis à un marché aux puces à Pinellas Park Market nous ont bien servi pour les nombreux déplacements que nous avons du faire pour les fournitures. Nous avions eues ces vélos à un très bon prix et ils nous ont facilité la vie durant le séjour à la marina surtout que quelques commerces se trouvaient à proximité de la marina mais les autres, par rapport à nos besoins, nous ont demandé de plus longs déplacements.
Pour l'achat du siège de pilotage, par exemple, c'est un autre voisin propriétaire de voilier et citoyen de Brooklyn, Tom, qui nous a conduit, dans sa jeep décapotable, chez un commerçant d'accastillage d'occasion qu'il connaissait. Pour la Floride c'était merveilleux de rouler dans ce genre de véhicule. Pendant ce temps, Maman et Dédé avait confirmé les dates du séjour auprès des propriétaires du condominium. Le 21 janvier Nathalie nous a envoyé un fax donnant des nouvelles du bébé qu'elle portait et que tout se passait bien.

Le 28 janvier, jour de mon anniversaire, toute la famille a appelé et la soirée barbecue s'est passée chez Roger et Blanche. J'ai été gâté pour mes 45 ans.















Tout ce mois de janvier les températures se sont tenues entre 10 et 22° avec un important taux d'humidité. Cela n'était pas toujours très confortable mais nous étions en Floride alors tout était bien...Notre messe du samedi se passait à l'église Holy Family de St-Petersburg, superbe église fréquentée également par un de nos voisins de la marina, originaire de Brooklyn et propriétaire d'un superbe voilier. Le 31 c'était le jour de la sortie de l'eau du "Wickie" qui devait subir quelques travaux de réparations et de maintenance. Nous l'avons sorti à 9H00 et les travaux ont été pris en charge dès que j'ai eu terminé le lavage de la coque. Nous avons découvert quelques dégâts comme un gouvernail cassé et une partie de l'avant de la coque endommagée (séquelles de l'échouage). Les anodes aux arbres de couche quand à eux avaient été complètement rongés par l'érosion. Les travaux ont été entrepris par l'entreprise de "Maximo Marines". Nous devions continuer à vivre à bord mais les propriétaires du Condo nous ont proposé de prendre l'appartement en avance sans charges supplémentaires. Il s'agissait d'une sympathique proposition qui nous arrangeait bien parce que nos deux jours sur le bateau dans le hangar ont été un peu pénibles même si nous n'étions pas là toute la journée.On a été gâté.  Parmi les travaux à effectuer sur le bateau nous avons décidé de modifier la structure des gouvernails qui se cassaient fréquemment sous la pression des hélices. Après consultation et sur conseil d'un spécialiste j'ai commandé deux mèches avec des gouvernails plus gros et en bronze.
 













Le 7 février les travaux étaient terminés, les gouvernails remplacés et nous avons remis le bateau à l'eau à 11H15.


Après des essais dans Boca Ciega bay nous nous sommes réinstallés à la marina pour les travaux suivants qui étaient le remplacement du contreplaqué avec surface en teck sur le pont arrière et les côtés. Cette couverture qui se plaçait sur la structure en fibre de verre représentait une finition esthétique mais aussi sécuritaire puisqu'antidérapante. Pendant ce temps, le 5 février nous sommes allés avec Roger et Blanche à l'aéroport de Tampa pour l'arrivée de maman et Dédé. Nous sommes repartis au condominium dans la voiture de location de maman et Dédé. Roger et Blanche de leur côté sont rentrés chez eux. Ce jour a été pour nous, la réception également d'un courrier tant attendu. 
Les amis (Damsey et Pierrot) qui avaient entrepris le remplacement du contreplaqué du pont et des côtés m'ont laissé le vernissage et la pose d'un nouveau produit encore plus résistant qui s'appelait "west system". Ces  travaux sur le contreplaqué de tek  m'ont pris beaucoup de temps parce que je tenais à  mettre plusieurs couches de ce produit qui devait assurer une bonne protection aux endroits les plus piétinés du bateau . J'ai poursuivi ces travaux à mon nouveau quai où je me suis installé le 8 février grâce à la générosité d'un couple d'amis canadiens des propriétaires du condo que maman et Dédé avaient loué. Avant de quitter notre quai, notre voisin de Brooklyn nous a annoncé qu'il avait quelque chose à nous remettre. Il est revenu de son bateau avec une superbe toile encadrée sur laquelle il avait peint l'agonie du Christ sur la croix. Une superbe peinture qu'il nous offrait en tant que bon catholique pratiquant puisque nous fréquentions la même église (Holy Family Church), tous les samedi pour assister à la messe. Nous avons beaucoup apprécié cet impressionnant cadeau.

 En revenant au "Wickie" La femme de Damsey, Suzanne, artiste du design nous avait confectionné à bon prix des bandes de plastique autocollantes avec le nom du bateau inscrit en écriture façonnée.  Je les ai placées sur les côtés de la timonerie ( petites lettres) et sur la poupe (plus grosses lettres).
Suzanne nous avait, en même temps, suggéré d'enjoliver les bandes avec des symboles romantiques. Elle nous a présenté des modèles et nous avons choisi celui de l'amour représenté par Cupidon. Elles nous a produit des autocollants que nous avons collés au début et à la suite du nom du bateau. Le résultat était en effet très esthétique. Jusqu'au début mars les travaux se sont poursuivis sur le bateau en alternance avec les loisirs. A la St-Valentin nous attendions Nathalie et Olivier prévus nous rejoindre en  ce jour spécial et pour 20 jours de vacances. Mais (situation très rare depuis ces dix dernières années du fait des nos installations aéroportuaires modernes ) une importante tempête de neige a occasionné la fermeture de l'aéroport. Le vol sur Halifax a donc été annulé et reporté au lendemain. Nous étions très déçus. Cependant maman et Anne-Marie ont beaucoup travaillé pour les préparatifs et la décoration aux couleurs de la fête (rouge et blanc) était parfaite et magnifique. Nous avons passé une superbe soirée en compagnie des invités : Blanche et Roger, Julien et France. Maman et Dédé étaient déchaînés et l'ambiance était au top. Nous avons vécu là une de nos meilleures fêtes de la St-Valentin.
Le lendemain nous avons fait une grasse matinée pour récupérer de la fête mais nous avons vite retrouvé la forme en début d'après-midi. Ainsi nous avons travaillé un peu sur le bateau et le soir nous étions à l'aéroport pour accueillir les deux jeunes tourtereaux: Nathalie et Olivier. Ils sont arrivés à 20H45 en forme surtout Nathalie qui aurait pu être plus fatiguée du fait d'être enceinte. Arrivés au condo ils nous ont remis courrier et cadeaux de la part de la famille. Durant le séjour de Nathalie et Olivier Dédé et maman ont organisé les visites et nous bougions pratiquement tous les jours. Nous faisions du tennis et de la piscine l'après-midi lorsque nous restions sur place. Le matin je faisais aussi un léger footing d'environ 5km. Le jeudi 17 février nous avons profité entre hommes de suivre un match de hockey de la NHL (Lightning de Tampa contre les Canadiens de Montréal) au Thunderdôme Stadium de Tampa. Nous étions une majorité pour Montréal Olivier étant pour les Lightning. Nous étions parmi  22000 spectateurs et la caméra ayant été braquée sur nous quelques instants nous avons été vus à la télé à St-Pierre par des proches  au cours de la retransmission  du match sur le Réseau des Sports. Olivier est sortie du stade comblé  puisque Montréal avait perdu sur le score de 4 à 3.
 Durant ce premier séjour de Nathalie et Olivier il y avait de nombreux lieux à découvrir et à visiter ,  même si pour nous il s'agissait  d'une seconde visite. Dans la plupart des cas nous avons apprécié cette seconde visite. Nous sommes donc allés à la foire commerciale de John'sPass, à Disney village ( le monde de Walt Disney), à Epcot Center, Magic Center, Universals Studio. Nous avons roulé jusqu'à la côte Atlantique où nous avons visité Ste-Augustine (cité historique espagnole), la NASA à Cap Kennedy, le centre de lancement des navettes spatiales, Bush Garden, jardin botanique et zoo de la Floride

 

 

 

 


















































 Le lendemain 6 mars, Nathalie et Olivier, après nous avoir remercié et en particulier  Maman et Dédé de les avoir reçus, ont quitté Tampa pour retourner chez eux à Miquelon.  En reconnaissance pour lke couple de canadiens qui nous ont proposé leur quai,  nous leur avons fait faire une balade le 28 février, sur le "Wickie" en naviguant quelques heures sur l'intra costal waterway jusqu'à Clearwater. Ce fut une agréable sortie par beau temps et dans le décor paradisiaque des bords de mer de la Floride. Avec Maman et Dédé nous avons poursuivi notre séjour en nous baladant beaucoup : piquenique sur la plage de Fort Desoto, balade sur notre bateau, parties de pêche sur le "wickie" avec les amis, visite du festival des fraises à Plant City etc.
Nous avons également profité,  de faire graver la date de notre mariage à l'intérieur de nos alliances chez un bijoutier, histoire de marquer encore nos 25 ans d'union. Le 16 mars nous sommes retournés à la marina "Maximo" pour l'apéritif d'adieu avec nos amis suisse et américains (Pierrot, Damsey et Suzanne). En contrepartie la bonne nouvelle de ce début de mois de mars était la décision de grand-mère Yvon âgée de 82 ans de venir nous rejoindre en Floride. La réussite de notre aventure jusqu'en Floride l'avait beaucoup incité à faire, elle aussi, le voyage. Elle l'avait fait avec une assistance en raison de ses difficultés pour marcher sur de longues distances. Mais elle l'a fait et c'est le 19 mars que nous l'avons accueillie à l'aéroport de Tampa. Notre départ étant proche, Anne-Marie avait préparé notre chambre au condo pour la laisser à grand-mère. C'était une grande joie de nous retrouver réunis en famille durant ces 3 jours précédant notre voyage de retour avec le "Wickie". Nous avons effectué les derniers préparatifs le 21 mars avec à la clé, en soirée, au condo, un apéritif de départ bien arrosé.





















Message du gendre et du beau-frère et sa famlille :





































 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 











Par Claude-Anne-68 - Publié dans : VOYAGES
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Mardi 12 mai 2009 2 12 /05 /Mai /2009 21:10
 




 FERNANDINA BEACH -ST-PETERSBURG


 

 

Le lendemain le temps était couvert, la température aux alentours de 15° et le vent soufflait du N.E. fort. La matinée de navigation a été agréable. Anne-Marie en a profité pour terminer le rangement du linge et pour nettoyer la timonerie. Elle l'a fait comme par intuition ce matin là, parce que vers 11 heures notre bateau a été contrôlé par la garde côtière. Deux officiers sont alors embarqués à bord après s'être assuré que nous n'avions pas d'armes. Ils se sont affairés à vérifier les papiers qu'Anne-Marie avait déjà préparés et déposés sur la table. A leur première interrogation elle leur a bien vite signalé« no speak english » . Cependant elle a répondu à toutes leurs demandes d’après mes traduction. Ainsi elle leur a  présenté notre équipement de sécurité (gilets, trousse de secours, coffre à outils etc..). En donnant un coup d'œil de temps en temps pour participer malgré tout aux exigences du contrôle , je poursuivais ma route tel que me l'avais préconisé l'officier de police. Les questions ont porté également sur les raison de notre voyage  aux Etats-Unis. Dans certains cas nous avons eu des difficultés à comprendre surtout lorsque nous ne voulions pas répondre à une question embarrassante en matière d'équipement comme , par exemple, celle de l'utilisation d'un réservoir interne pour la récolte des eaux usées afin d'éviter les rejets des eaux usées dans les canaux. Comme ils n'avaient pas l'air d'avoir envie de fouiner, ils n'ont pas été trop insistants et cela nous a bien arrangé. Le contrôle a duré un peu plus d'une demi-heure. Un des officiers m'a ensuite informé qu'il m'observait maintenant  dans ma manière de conduire le bateau. Il m' a fait quelques remarques au moment de franchir certains ponts en me précisant que je devais ralentir un peu plus que je ne le faisais. Son approche était plutôt sympathique mais il m'agaçait un peu tout de même. Pour éviter que cela dure trop longtemps et sachant que je devais me ravitailler en fuel, j'ai fait jauger les réservoirs  par Anne-Marie qui m'a confirmé qu'ils étaient d'un niveau limite. Nous l'avons signaler aux officiers de police et comme nous étions près de Jacksonville ils nous ont autorisés à nous arrêter à la marina San Pablo. A l'accostage ils ont aidé Anne-Marie . Comme ils l'apprennent dans leur formation, et c'est normal, ils étaient embarqués avec beaucoup de méfiance mais ils sont repartis avec le sourire et avec chacun un petit souvenir de Saint-Pierre et Miquelon en mains. Ils nous ont félicités pour notre équipement  et notre hospitalité. Leur bateau qui nous suivait et qui était commandé par une femme est venu les récupérer au bout du quai de  la marina. J'étais heureux qu'ils n'aient pas vérifié la cale parce que je n'avais pas réussi à réparer la pompe; merci mon Dieu. Nous avons donc fait du fuel et acheté une pompe neuve. L'installation de la pompe n'a pas été de tout repos puisque la première, mise en place, ne fonctionnait pas. Je suis donc retourné au commerce pour la remplacer et recommencer l'installation avec cette fois un bon résultat..  Ensuite nous sommes allés au centre d'achat.   Lorsque nous sommes revenus à la marina nous avons trouvé les portes fermées. Il a fallu que l'on passe par-dessus la clôture pour rentrer. Quelle journée !  Nous avons repris la route le lendemain à 9h30 et à 12h00  nous avons attendu l'ouverture du pont "Villano Beach" avant de rentrer à la zone de mouillage de Sainte-Augustine. A cause du vent fort de N.O. (30) nœuds et du manque de place à la marina nous sommes allés vers Sebastian River où à la marque13 nous avons trouvé un quai libre.  Près de nous se trouvait le Kathleen II ce bateau de type Trawler que nous avions rencontré à Coinjox (Caroline du nord). Nous avions fait connaissance des propriétaires Evan et son épouse Gene.

 

   ASaint Augustine nous sommes restés 11 jours. Le séjour dans cette ville qui a conservé des sites le la colonisation espagnole, a été agrémenté d'une ambiance de fête en raison de la période de Noël.  Evan et Gene qui avait un van nous ont proposés de les accompagner lors de ravitaillement ou lorsqu'ils allaient à la buanderie. Chaque jour nous nous rendions en ville à pied. Comme il fallait traverser un quartier pauvre dont certains résidents étaient des voyous, des habitantsde ce même quartier nous ont conseillés d'être prudent surtout à la tombée de la nuit. Entre les rencontres, travaux d'entretien sur le bateau et les visites touristiques, le temps s'est écoulé très vite. Parmi ces rencontres nous avons reçu la visite d'un français malouin, Jean-Pierre, avec qui nous avons sympathisé. Il nous a invités chez lui, , le soir du 1er décembre dans sa maison construite de ses mains. Il nous a décrit sa propriété qui comportait aussi deux logements locatifs. Notre conversation de la soirée a été orierntée sur   notre archipel et  sa Bretagne natale. Nous avons passé un bon moment ensemble autour d'un repas français arrosé de champagne. Jean-Pierre nous a ramenés au bateau vers 22H.
Le lendemain, jour des 43 ans d'Anne-Marie, nous avons appelé St-Pierre et Miquelon, lors de notre balade dans la ville pour parler à la famille.

 
St-Augustine est une jolie ville qui appartient à la région de Floride découverte en 1513 par Ponce de Leon, Capitaine et navigateur espagnol. Il y fonda en 1565 le 1er établissement permanent en Amérique continentale occupé sans interruption depuis. A la recherche de la "fontaine de jouvence" il but dit-on l'eau d'un puits qui existe toujours. On trouve à St-Augustine un quartier colonial espagnol rénové, des églises anciennes, le Castillo San Marco, un fort du 17ème siècle et la plus ancienne maison en dur construite aux Etats Unis. Le soir nous avons mangé au restaurant "La parisienne" dans un décor européen. La carte des menus était très intéressante. Le moment a été  délicieux et l'ambiance musicale était très agréable.
Deux jours après, nous sommes allés visiter la ferme des alligators où nous avons pu découvrir  d'autres espèces  de la même famille dont les crocodiles.

En soirée, à l'issue de la messe que nous avons suivie à la Cathédrale de Ste-Augustine, s'est déroulée une cérémonie "spéciale Noël" ouverte sur un discours du Maire qui a inauguré  pour la circonstance un circuit d'éclairage artistique orné de  personnages sculptés. Ce circuit partait d'un bosquet du Centre ville jusqu’à la fontaine publique, sur une distance d'environ 200m. C'était superbe. Ensuite, pendant le discours du Gouverneur, une parade de chars très colorés a circulé dans la rue. Elle était sur le thème du Noël des enfants. Les personnages étaient liés aux contes de Noël ( bonhommes de neige, père Noël, rennes, lutins etc...) mais aussi au KFC (Kentucky fried chicken). D'ailleurs ce vieux Monsieur à la barbe blanche illustrant l'image de la Compagnie était présent et vêtu d'un costume blanc traditionnel. Il saluait la foule de sa voiture décapotable blanche qui était  intégrée à la parade. La fanfare suivait et de nombreuses personnes tenaient à la main, une bougie allumée . C'était une vraie fête illuminée et particulièrement féérique pour les enfants.
 












  Le lendemain nous avons fait la rencontre d'un jeune couple de l'Orégon. Suite à de sympathiques conversations nous l'avons invité à  l'apéritif du soir . Jean-Pierre, le malouin, qui nous avait rendu visite à ce même moment  est resté à souper avec nous.


 

Le lundi 6 décembre, nous avons repris l'intracostal pour descendre plus au Sud. Le soir nous avons jeté l'ancre à Daytona Beach, la ville des courses. Cette belle ville est une des plus anciennes stations de Floride. Sa large plage s'étire sur près de 45km de longueur. On y fit autrefois, sur son sable compact et tassé, les premières courses de vitesse automobile. Daytona est le rendez-vous des amateurs de course automobile et de moto. Le Speed Week s'y déroule en février, le Bike Week en mars, le Daytona 400 en juillet, le Biketoberfest en octobre et le Turkey Run en novembre. Un ensemble d'événements liés à la course et qui rassemble des gens du monde entier. Le jour suivant, après avoir franchi le canal Barge au niveau de Tittusville, nous avons accosté à un quai de Port Canaveral. C'est ici, que le soir à 20 heures nous avons eu une sacrée frayeur. Suite à une violente explosion nous avons aperçu une énorme flamme qui suivait une fusée propulsée dans le ciel laissant derrière elle un sillage de fumée blanche et noire. En quelques secondes, la flamme alors très réduite est tombée à la mer. C'était spécial comme spectacle. Nous étions impressionnés mais en observant l'environnement immédiat du port tout semblait normal. Les quelques personnes qui se trouvaient sur le quai ne paraissaient pas troublées. On s'est alors interrogé : de quoi s'agit-il ? En réalisant que le port se trouvait près des rampes de lancement de Cap Canaveral "la NASA" nous avons fait la relation avec un lancement de fusée spatiale. Ouf! ce n'était pas la guerre. Nous avons bien ri de ce moment de stupeur ridicule compte tenu de l'endroit où nous nous trouvions. Peut-être qu'un peu de stress nous avait déconnecter  de nos cartes marines. Dans les environs nous avons aussi découvert des zones naturelles protégées pour la riche faune dont les aigles pêcheurs à tête blanche (le pygargue), les aigrettes, les pélicans blancs mais aussi le manatee (le lamantin), cet énorme mammifère herbivore aquatique qui vit dans les fleuves de l'Amérique tropicale. Le pygargue, quand à lui, appelé "Bald Eagle" est l'emblème national des Etas Unis depuis 1782. Cet oiseau typiquement américain est la seule espèce d'aigle se trouvant uniquement en Amérique du Nord. L'espèce méridionale aime construire ses nids en Floride. Le secteur Prairie Lakes de la gestion de la faune Three Lakes Wildlife Management a une concentration d'aigles nicheurs supérieure à celle des 49 états des Etats Unis. On trouve l'emblème illustré en particulier dans le service des postes américains. A Cocoa , alors que nous étions au mouillage, j'ai tenté de pêcher avec du fromage comme appât. A ma grande surprise, j'ai pris trois chats de mer d'une quarantaine de centimètres que j'ai rejeté à la mer. A la poursuite de note route et avant notre entrée à Véro Beach nous sommes passé par la pointe du dragon où se trouve justement un énorme dragon sculpté. Il valait la photo c'est sûr. Arrivés dans la zone de la marina de Véro Beach on nous a attribué un poste au mouillage. Nous étions alors attachés à une bouée et nous pouvions accéder à un quai de débarquement spécialement aménagé pour dinghy. C'était super. Nous avons passé 6 jours au mouillage, la bateau décoré pour s'intégrer à la parade de Noël prévue le 12 décembre. C'est le 11 décembre que nous avons eu notre premier cadeau de Noël suite à notre appel à Miquelon. En effet ce jour là Nathalie nous a appris qu'elle était enceinte et que l'accouchement était prévu pour le 27 juillet, date de notre anniversaire de mariage. Quelle surprise ! On a pu constater que notre fille se faisait une joie de nous annoncer la nouvelle en y ajoutant cette heureuse prévision. C'était un beau signé d'amour. Le 12 décembre, donc, la parade des bateaux de plaisance décorés aux couleurs de Noël a eu lieu autour des îles qui se trouvaient autour de la marina. Le défilé passait devant la marina où se diffusaient les musiques et chants de Noël. Durant le parcours tous les plaisanciers se saluaient en signes d'amitiés. Nous avions aussi décoré notre "Wickie" et la musique de la marina étant inaudible, nous écoutions nos propres chants de Noël. L'ambiance était particulièrement chaleureuse. Sans neige, nous étions en train de vivre la façon de fêter Noël en Floride. C'était très agréable. Le reste du séjour, en dehors de l'entretien du bateau et de l'annexe, nous avons fait de belles promenades sur la  plage de Véro Beach. Le jeudi 16 nous avons quitté le mouillage pour nous rendre jusqu'au canal Ste-Lucie, entrée de la voie navigable (Okeechobee Waterway) pour traverser la Floride . Nous avons jeté l'ancre à Stuart (au Pont Ste-Lucie).
Pour visiter un peu la ville avant de souper, nous avons accosté un petit quai à dinghy avec notre annexe. Là nous avons pu juger de la dextérité d'un pêcheur qui venait de capturer de beaux poissons ( maquereaux espagnols et bonites) avec son filet épervier. Les coups suivants ont été moins fructueux car le poisson n'abondait pas. La visite de la ville a été courte parce qu'il se faisait tard et nous n'étions pas au centre ville mais près de nombreux petits commerces où les vitrines étaient bien décorées et bien achalandées . Au retour au bateau et après un léger repas, nous avons consulté les cartes marines  achetées à Cocoa Beach. Nous avons examiné  le parcours Ste-Lucie - Venice en passant par le lac Okeechobee.

Ainsi le lendemain, avec plus d'assurance, nous avons effectué une partie de la traversée jusqu'à Moore Haven, marina se trouvant sur la canal Caloosahatchee. La zone est très riche en faune aquatique dont une forte proportion d'alligators. Naviguer dans ces parages demandait de prendre beaucoup de précautions.

   Toujours dans des conditions climatiques agréables avec des températures oscillant entre 16° le matin à 24° dans la journée nous poursuivions notre parcours sereinement dans le centre de la Floride. Cependant à la sortie de l'écluse Franklin (Olga Lock) située à 13 miles de Fort Myers) le moteur droit du Wickie ne répondait plus à la manœuvre. Il tournait mais n'entrainait pas l'arbre d'hélice. Un des nombreux bateaux qui se trouvait avec nous dans l'écluse nous a remorqués pour nous aider à en sortir et on s'est mis au mouillage pour diagnostiquer le problème. Le constat était que la panne provenait de la boîte de transmission et que je ne pouvais donc plus utiliser ce moteur. Heureusement un pêcheur plaisancier (pêcheur de tarpon) se trouvait près de nous avec un bateau en fibre de verre d'environ 16 pieds. Ayant vu ma sortie de l'écluse à la remorque d'un autre bateau,  il nous a abordés et nous a proposés de poursuivre le remorquage jusqu'à la marina la plus proche qui se trouvait à 3 miles de là. Nous avons beaucoup apprécié son aide et nous étions ravis de savoir qu'il y avait une marina si proche de nous. Après avoir levé l'ancre et compte tenu de la grande largeur du canal j'ai pu manœuvrer à l'aide du moteur gauche et même de poursuivre ma route jusqu'à la marina par mes propres moyens. Le pêcheur m'a aidé à accoster à la marina du nom de jack's Marine South et la place se nomme Olga.
 L'un des propriétaire de la marina, mécanicien de métier est monté à bord pour regarder d'où provenait la panne. Il m'a confirmé qu'elle venait de la transmission mais comme la boîte semble en bon état elle se situerait plutôt au niveau de l'engrenage interne situé à l'arrière du moteur. Cependant aucune réparation ne pouvait se faire ce samedi parce que tout est fermé pour le weekend alors il m'a annoncé qu'il entreprendrait le travail dès lundi matin. Kelly, le jeune et sympathique pêcheur américain, nous a baladés dans les environs durant ce weekend avec son épouse Tammy. De religion protestante (Luthérien) il nous a malgré tout amenés autour de l'église St-Vincent de Paul d'Olga (église catholique romaine)où avait été reconstitué sur un mini parcours la vie de Jésus de Nazareth à Jérusalem. Le spectacle était animé par des comédiens bénévoles et un éclairage d'ambiance avait été  installé pour les représentations nocturnes. C'est justement de celle-là que nous avons profité. Les scènes étaient intéressantes grâce à l'approche rudimentaire et pauvre des lieux mais riches de la parole de Dieu répandue grâce à Jésus accompagné de ses apôtres. C'était une belle illustration du message de Dieu. Nous sommes rentrés au bateau heureux de cette visite  de la petite ville d'Olga. Le lendemain nous avons fait connaissance, à la marina, d'un autre couple sexagénaire qui habitait un joli bateau de plaisance de style "Grand Bank" de 40 pieds. Comme ils partaient passer Noël en famille, ils nous ont proposés leurs bicyclettes pour le temps de notre halte afin que nous puissions circuler plus facilement dans les environs et surtout pour nous permettre de nous ravitailler à la ville qui se trouvait à environ 8 kms de la marina.

 Malgré la contrariété de cette escale forcée , nous nous considérions très chanceux d'avoir rencontré des gens aussi sympathiques et généreux. Il y avait cependant une situation délicate par rapport aux frais engendrés par cette grave panne, c'est le coût. Heureusement que nous avions souscrit une bonne assurance. J'ai donc du prendre contact avec notre assureur de St-Pierre et faire un rapport sur les circonstances de la panne. Comme sur constat du mécanicien, la panne était une conséquence de  l'avarie survenue à la suite de l'échouage du 10 novembre, j'ai pu en informer mon assureur qui a pris en compte cette information pour la prise en considération des dédommagements. Ouf! Nous étions bien soulagés surtout que nos imprévus du budget prévisionnel étaient complètement absorbés, l'assurance n'étant pas intervenue, bien sûr sur tous nos déboires. Notre mécanicien qui s'appelait Willy a été d'une efficacité surprenante surtout après avoir su qu'Anne-Marie voulait passer Noël à Venice. Eh oui ! Anne-Marie est de descendance italienne par son grand-père et la famille était d’origine de Triscissimo près de Venise, ville du romantisme  où nous sommes allés en 1989, d'ailleurs.  

Aidé par la livraison rapide de la pièce de rechange et après avoir travaillé tard dans la soirée du lundi, la réparation s'est faite dans un temps record et le mardi 21 décembre en fin d'après midi, nous étions prêts à partir. Invités à manger chez Kelly et Tammy nous avons pu passer une soirée excellente avec l'esprit libéré. Le barbecue a été réussi et nos amis nous ont ramenés au bateau avec un sac chargé d'agrumes (oranges, tangerines et pamplemousses) récoltés dans leur jardin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme nous avions un fax de notre assureur à récupérer nous sommes retournés le lendemain matin chez Tammy et à 10H20 nous avons quitté Jack'sMarina South.
A Fort Myers nous avons pris du fuel et à 15H30 nous avons jeté l'ancre dans la zone de mouillage de Chino Island. Pour me détendre j'ai mis ma ligne à l'eau et à mon grand étonnement j'ai réussi à appâter une truite de mer de 30cm avec un morceau de fromage à l'hameçon. J'étais fou de joie. En soirée le vent s'est renforcé et dans la nuit il est passé au Sud-ouest 25 nœuds. Cela m'a rendu soucieux et je n'ai pas bien dormi. Nous avons pris notre petit déjeuner tôt et à 7 heures nous avons levé l'ancre. Une demi-heure plus tard, alors que nous étions en route, le temps s'est assombri et de gros nuages noirs sont subitement apparus. Un violent orage se déclencha avec une bourrasque accompagnée de pluie torrentielle.  La visibilité était devenue nulle : quel effet impressionnant ! J'ai réduit la vitesse et mis en action le radar qui était positionné sur standby. Heureusement environ 20 minutes plus tard le temps s'est éclairci; mais le vent restait soutenu. Les vagues gonflaient dans le canal surtout à l'approche de la sortie sur la mer à Boca Grande. Les conditions se sont bien améliorées en fin de matinée après avoir traversé ce qu'ils appellent en Floride " a Thunderstorm" qui peut parfois être bien plus violent. Notre désir d'atteindre Venice était si fort en ce 23 décembre que nous avons poursuivi notre voyage jusqu'à destination. En fin d'après-midi nous y étions et nous nous sommes installés à Crow Nest Marina où nous avons trouvé, à notre grande surprise, des bicyclettes à notre disposition. Quel bonheur ! Nous avons pu faire nos courses dans un centre d'achat "Publix".
Sur le parcours nous avons pu découvrir que nous nous trouvions près d'une superbe place de sable très fin. La petite ville, quant à elle, dégageait une coquette ambiance avec ses nombreuses décorations. La propreté semble de mise partout dans la ville.

 

 Ce soir là nous avons appelé notre fille Nathalie à Miquelon. La veille de Noël, par un temps pluvieux et une température de 12° nous avons effectué des achats appropriés aux préparatifs de la fête de Noël. J'ai pu, par exemple, en arrivant au bateau, faire une bûche de Noël avec un biscuit de Savoie roulé que j'ai enrobé de moka. J'y ai collé des petits sujets comme une scie, un bucheron, quelques champignons et bien sûr un père Noël.

 

 

 Entre temps et chacun de son côté, l'un dans la chambre, l'autre dans la timonerie, nous avons emballé nos cadeaux.

 

 

 

 

 

A22H15 le taxi était là pour nous prendre et nous conduire à l'église catholique « Epiphanie » où nous avons suivi la messe de minuit. N’ayant pas trouvé de taxi à la sortie de la messe nous sommes rentrés à pied au bateau. Cela nous a fait faire trois quart d'heure de marche. A l'arrivée nous nous sommes empressés de remettre les cadeaux et comme des enfants, avec bonheur nous les avons déballés. Contents tous les deux nous nous sommes enlacés . Cependant, alors que nous nous regardions heureux,  un élan de tristesse nous avait envahis  presqu'en même temps puisque nous avons eu une pensée commune et simultanée pour la famille et en particulier pour nos filles et notre petit-fils. Ils nous manquaient à ce moment précis et des larmes ont brouillé nos regards. On s'est à nouveau enlacé et on a décidé de faire notre repas  pour retrouver nos esprits. Nous avons ensuite appelé les cousins d'Anne-Marie à Montréal et nos amis canadiens. Tout le monde faisait un réveillon dans la bonne humeur. Nous avons, pour terminer , mangé un bon morceau de bûche avec un verre de champagne. Noël c'est la vraie fête de famille et c'est dans la journée que nous recevrons les appels téléphoniques de tous. En attendant nous sommes partis nous coucher avec une belle impression d'un Noël à deux réussi, grâce à nos présents et  aux décorations que nous avions préparées pour la circonstance. Nous avons reçu, dans la journée de Noël, des appels de certains membres de la famille et des amis de St-Pierre. Nous étions heureux de les entendre et d'apprendre que tout le monde se portait bien et avait été gâté. 
Le lendemain Kelly est venu passer un moment avec nous et nous avons fait une promenade sur la plage. Le temps était ensoleillé mais frais. Kelly nous a quittés vers 17H et il nous a dit qu'il ferait le maximum pour venir faire un tour du côté de St-Petersburgh. Le 27, le temps s'est réchauffé un peu alors nous avons consulté la carte pour la poursuite du voyage. C'est là que j'ai repéré, sur notre route, une petite île qui s'appelait "Anna Maria Island". Quelle belle coïncidence. On ne pouvait pas passer à côté sans s'y arrêter. C'était donc décidé et deux heures après avoir quitté Venice, avec un passager volant avec nous, nous sommes arrivés à la marina Galati's où, en prenant des précautions pour rentrer à cause de la faible profondeur d'eau, nous avons amarré.
Pour la bonne humeur des visiteurs il y avait un écriteau à l'entrée de l'île placé sur une imitation de fondation de maison. Il y était écrit sur le mûr de chaque côté d'une entrée de porte,  sans porte mais avec tout de même un encadrement: à gauche "No roof-no doors-no windows-no bars-no guest for yrs n'yrs" ( traduction : pas de toit-pas de porte-pas de fenêtre-pas de barreaux-pas d'hôtes depuis des années et des années) et à droite : "Anna Maria city jail-air conditioned" (traduction : prison de la ville d'Anne-Marie- air conditionné). Nous avons également trouvé sur la carte postale où cet écriteau est illustré un texte en anglais qui disait en final "Au moins vous ne vous sentez pas enfermé sur l'Ile d'Anne-Marie)...
Nous avons passé deux bonnes heures à flâner près des commerces de souvenirs et nous avons décidé de passer la nuit dans cette libre prison. Au réveil le lendemain à cause d'une garde enlevée par le voisin (j'avais utilisé son amarre) le Wickie s'est retrouvé suspendu à l'avant sur le quai. Ironie du sort, nous étions alors prisonniers d'office sur l'île. C'est le fameux voisin, celui qui avait récupéré mon amarre, qui nous a aidés à nous décrocher à l'aide d'un pied de biche. Sans dégât, nous avons quitté la marina.

 

 

 

 

 

 

 Cela nous a pris deux heures et demi pour traverser la baie de Tampa et ensuite nous avons longé l'extrémité du pont  Sunshine Skyline qui rejoint les deux rives de la baie et avec un passager volant.

 

 

 

 

 

Sur cette carte nous pouvons situer le lieu où nous nous trouvons (pointe Maximo) De là nous nous sommes dirigés dans la baie Boca Ciega, là où se trouve la ville de St-Petersburgh. Nous avons jeté l'ancre à l'entrée de la marina Maximo et avec le dinghy nous sommes allés prendre des renseignements sur la location d'appontement. Dans le même temps nous avons pris contact avec les propriétaires français du condominium loué par mon beau-père et ma mère pour un séjour de trois mois à passer en Floride. Toutes ces démarches signifiaient que nous étions arrivés à la destination prévue. Nous ressentions sincèrement une sensation de fierté et surtout de bonheur dans la réalisation de ce voyage l'année de nos noces d'argent. Malgré l'espace réduit sur le bateau et le stress de certains jours notre amour restait intact. Nous avions, tant de fois entendu que ce genre de voyage avait souvent entrainé la rupture ches certains couples. Ouf ! ce n'était pas notre cas; merci mon Dieu. Le voeu que je m'étais fait,  dans le cadre de ce voyage et par rapport à Maxime, notre petit-fils était,: "Avec le Wickie, je dois  amener mamie Anne-Marie à St-Petersburg en forme et heureuse mais je dois également la ramener dans le même état physique et mental sur l'archipel.  ". Avec cette première étape ce voeu devenait : "Nous avons atteint une partie de notre objectif et la seconde partie sera maintenant le retour et j'aurai dorénavant à penser  avec un nouvel élément du destin(Nathalie est enceinte) le devoir d'être sur l'archipel pour la naissance prévue fin juillet de l'année prochaine d'un deuxième petit-enfant".  Notre Wickie prendra encore une très grande part de mon attention parce que, plus que jamais, il est devenu  le véritable joyau de notre aventure. Au moment d'inscrire  en majuscules sur le livre de bord à la date du 28 décembre à 12 heures "ARRIVEE A ST-PETERSBURG, NOUS JETONS L'ANCRE DANS BOCA CIEGA BAY EN FACE DE MAXIMO MARINA ", Anne-Marie profite de me montrer ses relevés sur de petits papiers volants sur lesquels elle avait noté le temps réel de navigation. Ainsi pour venir jusqu'ici, nous avions navigué 413 heures.

 

 Maintenant sur place nous devons organiser notre séjour pour environ deux mois et demi. La réservation de maman et de mon beau-père (tous deux prévus arrivés à la mi janvier)pour la location d'un condominium assez spacieux pour 6 personnes, nous y prédisposait. Eh oui! Et le troisième couple à venir en février c'est Nathalie et Olivier. Et grand-mère Yvon (83 ans) a aussi prévu se joindre à nous pour quelques semaines. En fait, notre aventure offrait l'occasion d'un rassemblement d'une partie de la famille en Floride. Quel bonheur !Nous avions un peu de tristesse, par contre, à cause de l'impossibilité pour Sylvie, Jean-Christophe et Maxime de venir nous rejoindre. Cette absence sera cependant compensée  par la lecture d' une bande vidéo tournait avec Maxime à Noël et qui nous sera remise par nos amis Blanche et Roger prévue arriver le 31 décembre. Mais, compte tenu des conditions météorologiques nos amis n'arriveront que le 1er janvier les vols en provenance de Toronto ayant été retardés. Nous entamerons, dans un premier temps, l'année 1994 avec Blanche et Roger et comme étrennes la fameuse vidéo sur le Noël Maxime avec ses parents. VIVE 1994.

 

 

 

                                                                      

 

 Les prochains épisodes  (en cours de préparation )  
             - résumé du séjour à St-Petersburgh
             - le voyage retour

 

Par Claude-Anne-68 - Publié dans : VOYAGES
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Samedi 9 mai 2009 6 09 /05 /Mai /2009 19:36

 

 

 


  GREAT KILLS HARBOUR(STATEN ISLAND) - NEW YORK - FERNANDINA BEACH



Au réveil nous avons découvert un beau soleil. Le vent était Nord-Ouest 15, 20 nœuds; le temps idéal pour reprendre la mer. Nous avons quitté la bouée vers 8H30 . Nicholas avait hissé son énorme drapeau américain sur sa goélette et il nous saluait. Nous avons fait le tour d”Anathéma” et d'”Adèle” en donnant quelques coups de sifflet puis nous avons pris le chenal de sortie du bassin. Nous sommes allés sur “Raritan Bay East Reach” pour prendre ensuite “Sandy Hook Channel”.

 

Barnegat : nous sommes ici dans le New Jersey : l'un des treize premiers Etats indépendants à s'être uni en 1787. Situé sur la côte atlantique il a une superficie 21 300 km2 et une population d'environ 7 500 000 habitants massés principalement au N.E. près de New York et à l'Ouest près de Philadelphie. La capitale est : Trenton. Cet Etat fut la patrie d'illustres hommes : comme Alfred Kroeber, ethnologue américain, décédé à Paris en 1960;  John Marin, peintre américain connu par ses tableaux notamment ses aquarelles consacrés aux paysages et les grandes constructions. 

Par une mer parfois agitée tant par le vent que par le trafic nous sommes arrivés sur l'océan où nous avons trouvé des meilleures conditions. Il nous aura fallu 6 heures de navigation pour atteindre le port de Barnegat. Le premier écueil de l'entrée, nous l'avons découvert en nous échouant sur un banc de sable.  Ce beau sable fin mais mouvant au gré des marées et en particulier à l'entrée des ports.  Par manque de vigilance et parce qu'une autre vedette venait de passer, j'ai emprunté un chenal infranchissable à marée de jusant .Cependant et comme je n'allais pas vite, l'échouage a été léger. J'ai demandé du secours mais les propriétaires des embarcations qui passaient pensaient que je les saluais (du moins, je crois...). Avant que la situation ne s'aggrave j'ai pris l'initiative d'utiliser mon annexe (un zodiac de 2,70m)avec le moteur de 4CV pour tirer le “Wickie”. Par bonheur j'ai réussi et je suis remonté à bord immédiatement pour manœuvrer le bateau afin de rentrer au port. Tout s'était bien terminé et nous en étions bien heureux. Nous avons pu  nous rendre compte durant notre escale que les échouages étaient fréquents à l'exemple d'un voilier le soir même et le lendemain d'une autre embarcation qui a eu recours au “towing boat” (bateau de remorquage).La nuit à Barnegat fut tranquille et dès 9H20 le lendemain matin nous avons appareillé en direction de Cape May. La météo était favorable ; elle annonçait des vents de Sud-ouest 10 à 15 nœuds. Jusqu'à 11H30 tout a bien été. La mer avec le vent faible de travers nous a permis de profiter du soleil en naviguant le toit ouvert. Mais rapidement, le temps s'est modifié et nous avons dû fermer le toit. Des moutons se formaient sur la crête des lames et la force du vent augmentait. Nous étions à une heure environ d'Atlantic City mais n'ayant pas envisagé y faire escale je n'avais pas pris connaissance des lieux. J'ai laissé faire les choses et en ralentissant j'arrivais à naviguer assez confortablement. Mais la mer devenait plus mauvaise et chaque fois que nous franchissions une lame le bateau tapait. Le bac, attaché sur le pont avant et dans lequel se trouvaient les deux ancres, sautait de plus en plus. Je craignais qu'il parte à l'eau en arrachant la rambarde. Et pourtant je n'avais pas le choix, je devais continuer toujours dans la même direction. Voyant que cela persistait, j'ai demandé à Anne-Marie de prendre la barre le temps que j'aille ressaisir le bac. Elle a refusé de crainte de ne pas pouvoir gérer la situation. Elle a préféré aller elle-même,  équipée de sa veste de sauvetage. Pendant qu'elle s'avançait sur le pont à quatre pattes, je tenais le bateau à petite vitesse face à la lame. Elle a tenté de serrer les cordes mais elle manquait de force.  Il a fallu qu'elle s'y prenne par trois fois pour enfin réussir. Elle a été courageuse parce qu'à chaque fois, malgré mes efforts pour l'éviter, des paquets de mer couvraient le pont. Nous reprenions la route, l'esprit plus tranquille quand soudain, Anne-Marie remarqua que l'annexe  s'était détachée sur le côté. Ne pouvant bouger de la barre encore une fois, je lui ai demandé de chercher un morceau de filin pendant que je ralentissais le bateau. Elle en trouva un et par chance avec un mousqueton; c'était parfait. Grâce à ce mousqueton elle a pu accrocher le Zodiac par l'anneau situé à l'avant. Encore une fois, Anne-Marie avait bien réagi. Les conditions de navigation restaient désagréables et lorsqu'il a fallu changer de cap pour rentrer à Cape May c'est devenu infernal. Avec le courant les lames qui nous arrivaient sur le travers, nous faisaient rouler violemment. Tout tombait à l'intérieur du bateau. Tout était  sens dessus dessous. Anne-Marie accablée de fatigue ne se sentait pas bien. Elle s'était assise sur le seuil de la porte, incapable de faire quoi que ce soit. 45 minutes de galère qui nous ont paru des heures. Lorsque nous sommes arrivés entre les deux digues où nous avons trouvé un calme relatif mais sécurisant, nous avons soufflé. En zone de mouillage j'ai réussi à saisir la bouée à l'aide de la gaffe malgré ma raideur physique.  J'étais comme paralysé. J'avais la nuque raide et de la difficulté à bouger les bras.  Anne-Marie qui n'était pas mieux, a été obligée de me masser pour me rétablir. Une heure plus tard notre condition physique s'était améliorée et à 21 heures nous étions couchés assommés par la fatigue. Nous sommes restés 4 jours à Cape May ce qui nous a permis de laver le linge et d'effectuer quelques menues réparations sur le bateau. Nous avons profité de visiter un peu ce qui nous a amené sur une superbe plage de sable fin, lieu de villégiature très prisé en été. Aux abords de cette plage  s'imposaient quelques hôtels mais surtout de nombreuses et superbes propriétés privées. Elles étaient d'une architecture du style colonial anglais caractérisé par ses colonnes façonnées qui ornaient les façades. Lors de nos  errances en milieu commercial nous avons rencontré un naufragé québécois qui avait dû, deux jours avant, couper court à son périple vers la Floride. Accompagné d'un copain sur son voilier de 35 pieds Michel faisait route et à l'entrée de la baie de  Delaware, en raison du mauvais temps, ils ont touché un récif. Non seulement ils avaient une voie d'eau mais les déferlantes ont couché le bateau sur le côté par deux fois. Après avoir demandé du secours  ils furent héliportés par la garde côtière américaine. Ils ont réussi à récupérer le bateau le lendemain et l'ont  fait remorquer jusqu'à Cape May. Bien endommagé il a été sorti de l'eau et remisé sur un parking d'une marina. Le copain ayant du repartir pour Montréal, Michel était resté seul  encore un peu choqué par ce naufrage. Il nous a invités à manger à bord de son voilier le soir du 26 octobre et le lendemain  nous l'avons reçu sur le Wickie. Ce jour là nous avons quitté la marina  où nous nous étions installés par commodités, pour nous remettre au mouillage. Le 28 octobre après une nuit mouvementée à cause du vent et de la pluie nous avons repris la route. Le canal de Cape May franchi nous sommes rentrés dans la baie de Delaware. Le vent avait tombé mais la mer était restée forte. 10 minutes de marche dans une mer de force 6 c'était trop pour le Wickie et son équipage. Nous avons fait demi tour pour nous réinstaller au mouillage une nouvelle nuit. Au fait le lendemain nous ne pourrons encore pas bouger. Le matin du 30 octobre nous avons levé l'ancre et repassé dans le canal reliant le port de Cape May à la baie de Delaware. Ce canal permet aux petits bateaux à moteurs et aux voiliers d'éviter de sortir sur l'océan pour rentrer dans la baie. Deux ponts sont à passer, il s'agit de « turning bridges » ponts tournants. Arrivés sur la Delaware nous avons navigués dans des conditions agréables et sous de beaux rayons de soleil l'après-midi. L'air est un peu frais mais nous arrivons à ouvrir le toit. En suivant le balisage nous nous dirigions vers le C &D canal (Canal de la Chesapeake et de la Delaware) qui relie les deux baies. A l'approche de l'entrée de ce canal j'ai pu observer aux jumelles deux panneaux sur lesquels il était inscrit « Vérifier l'état de votre gouvernail avant d'emprunter le canal ». Nous nous sommes dits qu'il ne devait pas y avoir de postes d'arrêt ni de mouillages dans ce canal. Est-ce une coïncidence ? A quelques encablures de l'entrée du canal mes gouvernails se sont cassés (du moins c'est ce que je pensais pour avoir vécu une situation similaire dans la baie de l'Hermitage à Terre Neuve). Ne connaissant pas du tout les environs en dehors du canal que j'avais situé sur la carte, je me retrouvais dans une grande rade sans gouvernail. Un gros cargo y rentrait et lorsque j'ai aperçu le bateau pilote qui l'accompagnait dans la rade, j'ai demandé de l'aide par la radio VHF.  Le capitaine m'a répondu qu'il s'occupait d'avertir une compagnie de remorquage qui stationnait à une marina toute proche. J'ai jeté l'ancre pour attendre. Lorsque le responsable de la marina m'a rappelé il m'a demandé si je pouvais manœuvrer seul. Je lui ai répondu positivement puisque le Wickie est équipé de deux moteurs.  Il m'a alors indiqué le balisage et quelques repères pour me permettre de situer la marina.  Le guindeau étant en panne je devais monter l'ancre à la force des bras. J'ai  souffert pour la relever parce qu'elle se trouvait à huit mètres de profondeur. En bout de course l'ancre paraissait avoir doublé son poids. C'est  très essoufflé que j'ai repris les commandes du Wickie.  La marina était si bien encaissée que je n'arrivais pas à distinguer l'entrée. Le remorqueur est alors sorti pour nous récupérer . Aussitôt arrivés, le Wickie a été sorti de l'eau. A ma grande surprise j'ai remarqué que mes deux gouvernails étaient intacts. J'ai recherché d'où venait le problème et c'est dans le compartiment arrière du bateau que j'ai découvert que c'était la clavette corrodée du bras hydraulique des gouvernails qui avait cédé .J'ai tout de même demandé à rester sur le travelift jusqu'au lendemain pour changer les hélices . J'ai installé celles que j'avais fait refaçonner à Terre Neuve. J'ai également profité de changer les anodes des arbres d'hélices. Dès les travaux terminés, le bateau a été remis à l'eau et nous nous sommes attachés au quai de la marina. Le  31 octobre le temps a été exécrable : un vent fort, une basse température et, fait surprenant pour l'endroit, la chute des premiers flocons de neige. Ce n'était pas le temps idéal pour le moral. Cependant nous étions à nouveau prêt à reprendre la poursuite du voyage avec l'assurance d'avoir de bons gouvernails  Le 1er novembre a été une journée très morose surtout pour Anne-Marie. Et au réveil, le mardi 2 novembre, nous sentions sur nos têtes la fraîcheur de l'air  qui nous faisait apprécier d'être dans le sac de couchage. Mais nous devions nous lever. Nous avons remarqué qu'il faisait froid à l'extérieur puisque le bateau luisait au soleil à cause de la fine glace qui le recouvrait. Quitter ce petit coin isolé cela nous donnait du baume au cœur malgré la température. Emmitouflés comme en hiver nous reprenions nos postures habituelles: Anne Marie à ma droite assise sur le dessus du petit mur servant de rambarde d'escalier  et moi au volant à sa gauche. Particularité du bateau du fait de sa construction en Angleterre, les commandes se trouvent à bâbord et la descente dans le poste avant à tribord. C'est avec la conscience tranquille que nous avons franchi le C&D canal là où la consigne affichée était de vérifier l'état du gouvernail avant de rentrer. Au cours de la traversée du canal nous avons pu localiser une aire de mouillage, d'une capacité de 6 petits bateaux ou voiliers, qui se trouvait en face d'une marina où l'arrêt au quai ne devait pas durer plus d'une heure. Avec le livre des cartes du Maryland et de la Virginie sous les yeux nous sommes entrés dans la baie de Chesapeake après avoir passé TURKEY Point sur le fleuve ELK.

En se remémorant un peu d'histoire il est impossible de ne pas penser à la guerre d'indépendance des Etats Unis qui débuta le 4 juillet 1776 après rejet de l'autorité du roi d'Angleterre  ( le 4 juillet est depuis fêté comme "independance day" dans ce pays). Lié à B. Franklin, l'un des pères de l'indépendance, le précoce officier de la marine française Marie Joseph MOTIER, le marquis de Lafayette partit en Amérique en 1777 pour participer à cette guerre. Il n'avait que 20 ans (Lieutenant à 16 ans). Le comte de Rochambeau qui commandait une troupe de 6000 hommes et Lafayette avec sa flotte ( période1780-1781) ont honoré la contribution française en participant à la victoire sur les anglais à Yorktown en Virginie, au cours de la bataille appelé " la bataille de la baie de Chesapeake". Cette victoire a mis fin à la guerre d'indépendance par le Traité de Paris. Les américains  attribuèrent alors à la France le surnom de "nourrice d'Hercule", ce qui était un grand honneur. De même que Thomas Jefferson rendit hommage aux français en déclarant que "chaque homme a deux patries : son pays et la France.

 

 Nous ne pouvions nous servir des balisages portées sur les cartes du livre parce qu'il s'agissait d'une ancienne publication qu'un ami nous avait prêtée. Cela ne posait pas de problèmes majeurs puisque les chenaux étaient parfaitement balisés. Par contre ce livre de cartes nous rendait un énorme service dans l'identification des abords de la baie.  Ainsi nous savions à quel moment nous nous trouvions en face de Baltimore ou d'autres villes. Le trafic nous indiquait l'importance de la ville. Alors Baltimore, dans le Maryland a attiré notre attention en raison de ses activités portuaires et industrielles que nous pouvions apercevoir facilement. Cette ville de près de 900 000 habitants possède une zone urbaine de plus de 2 000 000 d'habitants. Son université John Hopkin est célèbre notamment pour son centre de recherche médical. La Baie de Chesapeake située dans le Maryland et le nord de la Virginie est longue de 280 km et large de 30. Au nord le fleuve de la Susquihanna  et à l'ouest celui du Potomac s'y jettent. Sur la côte Ouest, en dessous de Baltimore, il y a aussi Annapolis qui est un grand port de plaisance. Hampton est à son extrémité près de Norfolk. Durant les deux jours et demi de navigation dans la baie nous avons franchi le pont de la baie qui passe au dessus de l'île Kent. Cet énorme pont de 12 km relie les deux rives de la baie et se nomme le « William Preston Lane JR memorial Bridge » Il nous a fallu aussi beaucoup slalomé entre les nombreuses bouées de pêcheurs. La première nuit nous étions à l'ancre près du voilier « storytoller » à Rhode River et la seconde nuit à la Marina « Ingram Bay » à little Wicomico. La mer s'était agitée un peu ce jour là lorsque nous avons traversé l'embouchure du fleuve Potomac, ce fleuve long de  450 km, qui mène jusqu'à Washington DC la capital des USA. On a d'ailleurs pu remarquer une zone de surveillance très sensible à Point Lockout.

Avant de quitter Ingram Bay Marina lieu très paisible où nous avons fait des connaissances, nous avons pris du fuel. Le soir même vers 16 heures nous nous trouvions à Scott's Creek Marina à Portsmouth en face du port militaire de Norfolk. Nous nous trouvions alors en Virginie à proximité d'un arsenal militaire impressionnant (transporteurs de troupes, porte-avions, croiseurs, sous-marins etc.…) Etant à la marina Anne Marie a profité de laver du linge et nous avons également communiqué avec la famille par téléphone. Le fait d'être arrivé à hauteur de Norfolk représentait pour nous une nouvelle et importante étape sachant que nous nous trouvions alors au départ officiel de l'Intracostal Waterway (la route maritime de l'intérieur de la côte) Cette voie navigable selon le livre de cartes a 12 pieds de profondeur de Norfolk à Fort Pierce, distance du parcours  985.5 miles et 10 pieds jusqu'à Miami distance105 miles. La plus grande partie de la voie est protégée des vents forts et en général des mauvaises mers. Cependant avant Fernandina et en particulier aux entrées de nombreux ports des courants forts au-delà de 4 nœuds rendent la navigation plus délicate. Le balisage y est très bien implanté avec bouées et poteaux marqués à la tête par des panneaux aux formes géométriques, le tout aux normes du système international de navigation (zone2) La maintenance de tout le système est confié à la garde côtière. A Norfolk au Mile 0 notre position est  Longitude = 76°18' et latitude = 36°51'. Comparée à la position géographique de Saint-Pierre L=56°10'  l =46°47' je constatais que nous étions 20° plus au sud soit à 1 200 miles nautique de l'Archipel. J'exultais de me voir entreprendre l'ICW et j'en faisais profiter Anne Marie en lui disant que la suite de la route devrait être un long fleuve tranquille. Aujourd'hui vendredi 5 novembre  (Fête de Sylvie) le temps pluvieux fera la morosité du jour malgré le bonheur d'hier. Nous quittons la marina à 10h45 et passons une écluse à 13 h pour ensuite nous installer à un quai public près de Chesapeake City à Great Bridge. Cela nous a permis de faire nos victuailles. Dans la soirée Anne Marie a fait une crise de cafard alors pour la libérer un peu j'ai fait cuire le poisson acheté (flétan et perche) pour le souper. Il y avait un moment que nous n'avions pas mangé de flétan frais. Pour se remonter le moral nous avons pris l'apéritif ensemble. Le remède a été efficace parce que le repas s'est passé dans la bonne humeur. Le lendemain j'ai fait vérifier mes moteurs par un mécanicien de chez Volvo Penta, parce  qu'ils fumaient beaucoup. Cette intense  fumée des gaz d'échappement nous valait parfois des remarques des propriétaires de bateaux dans certaine marina. J'évitais donc de chauffer les moteurs à l'intérieur de la marina. J'ai parlé de ce problème avec le mécanicien qui m'a répondu après contrôles faits que le phénomène était normal puisque tous les paramètres étaient bons. Ravi de ce constat j'en ai profité pour acheter les pièces de maintenance des moteurs. Nous avons quitté le quai public à 11 heures.

Durant la traversée jusqu'à la marina de Midway à Coinjock il nous est arrivé une petite aventure inattendue. Avec les mouvements du bateau, la grande gaffe accrochée à l'extérieur, près de la porte, s'est décrochée et s'est retrouvée bloquée en travers de la porte. Nous étions alors prisonniers à l'intérieur du bateau. Heureusement j'ai pu utiliser  le toit ouvrant pour sortir et libérer la porte d'entrée. Nous étions au Mile 35, en Caroline du Nord. Cet Etat  d'une population de plus de 8 millions d'habitants est divisé en 100 contés ; sa capitale est Raleigh. Nous avons passé la nuit à la marina Midway. Après Coinjock, nous sommes allés jusqu'à Bell Haven dans  une zone de mouillage. Sur le parcours nous avons du faire une escale à la marina Sea Gate à Newport pour faire du fuel. Juste avant de traverser le port de Beauport nous avons été fasciné par un superbe arc-en-ciel qui entourait le soleil. La couronne de toutes les couleurs m'a influencé et mon admiration m'a conduit à la prière, à cette prière que je récite chaque jour le matin et le soir et que je termine par le souhait suivant, « Mon Dieu, Seigneur, Jésus Christ, Sainte Vierge Marie et tous les saints protégez nos enfants, notre petit-fils nos familles nos amis et faites que le monde soit toujours meilleur". Et je rajoute depuis le début du voyage :  et faites que je conduise Mamy à destination et que je puisse la ramener en forme et heureuse à Saint-Pierre. Je remercie Dieu de me maintenir cette foi qui m'a aidé et m'aide encore tous les jours.

 

L'escale du soir a été au mouillage à nouveau et cette fois à Brood Creek. La nuit a été difficile  parce qu'en raison du courant nos étions toujours en mouvement et le fond ensablé ne rendait pas le mouillage fiable. Cela  s'est confirmé car dans la nuit, vers 3h30, j'ai du relever l'ancre pour revenir à notre position initiale. Le Wickie s'était trop rapproché de l'étroit chenal. Nous avons du faire la même chose à 5h30. Le vent de nord-est souffle à 25/30 nœuds ce matin du mardi 9 novembre. La nuit a été difficile comme je viens de le dire et il pleut. Peu de temps après avoir quitté le lieu de mouillage, alors que j'alignais le Wickie par rapport à la bouée verte "45A" du chenal, j'ai senti que la coque touchait le fond. J'ai tenté de rattraper notre trajectoire en cherchant le milieu du chenal mais le courant et le vent aidant je n'ai pas réussi et nous nous sommes échoués. La manœuvre a été difficile mais je devais absolument déséchouer le bateau avant que nous soyons trop poussés vers ce fond de gravillons et de rochers qui se trouvaient juste après. Arprès essais infructueux avec le dinghy, j'ai été contraint de forcer les machines et par bonheur j'ai réussi à éviter l'échouage compromettant et définitif. Par contre j'avais fait quelques dégâts à l'arbre de couche du moteur gauche. Les fortes vibrations occasionnées par cet avarie m'ont obligé à faire tourner le moteur au ralenti. J'ai apprécié d'avoir les deux moteurs pour poursuivre ma route dans de telles circonstances. Il était 8 heures.  Garder le moteur gauche en marche me permettait de mieux gouverner pour atteindre une marina toute proche. Celle-ci ne se trouvait qu'à 1 mile et c'est à 8h30 que nous sommes rentrés à Dudley's marina à Swansboro, marina équipée de quai sur pilotis. A 8h45 nous étions sur une petite cale de halage où nous avons pu faire le constat des dégâts qui étaient : arbre de couche courbé ainsi que l'hélice et le sabot du sondeur brisé. Il y avait également quelques petits coups sur la coque mais pas trop graves. Les responsable de la marina n'était pas sûrs de pouvoir redresser l'arbre et ne nous garantissaient pas de faire les travaux avant la fin de la semaine. La journée a été infernale. Anne Marie n'avait pas le moral, la pluie tombait averse et il y avait un doute pour démarrer les réparations.
Une bonne nouvelle aurait pu nous changer les idées mais non. Lorsque l'on a appelé Saint-Pierre et après avoir parlé à Sylvie, notre petit-fils Maxime a dit pour la première fois "Mamie" à Anne Marie. Ce fut alors un autre déluge… mais de larmes. C'est vrai que les événements accentuaient l'ennui. En début d'après midi le réparateur nous a annoncé que l'arbre était redressé ; ouf ! et que les réparations pourraient se faire assez rapidement. En effet dès le lendemain à 17h15 le bateau était remis à l'eau réparé. Nous avons du faire un grand nettoyage du pont et de la timonerie. Lorsque le gérant de la marina m'a remis la facture, nous avons pris un autre coup au moral mais nous étions prêts à reprendre le large. Le jeudi 11 novembre à 7h45 nous avons quitté la marina Dudley's pour poursuivre la route sur l'ICW. Certains passages étaient encore délicats en raison du vent et du fond. D'ailleurs durant notre étape à la marina, trois bateaux se sont échoués, 2 voiliers et 1 à moteur. Il a même fallu l'intervention d'un petit remorqueur (towing boat) pour dégager celui à moteur. Après avoir passé Wrighsville nous avons jeté l'ancre dans une zone de mouillage appelée Sea Breeze à Carolina Beach toujours en Caroline du Nord. Le temps étant calme et la température agréable, j'ai profité de changer l'huile des moteurs. Après le souper nous avons consulté les cartes du parcours pour rechercher une nouvelle zone de mouillage pour le lendemain. Durant les deux jours suivants de navigation nous avons senti les modifications de la température, et de la végétation. 13 et 15° avec du soleil quelques petits palmiers et des hérons. Ces éléments qui indiquaient que nous avions franchi la Caroline du Sud. Les limites se situaient après Bonaparte Creek au mile 341 ; position : L=33°52 ‘, l =78°24'. Le décor se rapproche de celui des tropiques et on remarque la présence des pélicans, des oiseaux assez laids comparés aux jolies aigrettes qui se tenaient près d'eux.
 Entre le lieu de mouillage  Enterprise Ldg  et Isle Of Palms, nous avons parcouru  85 miles avec un arrêt à Pompano-Holden Beach Marina pour acheter 2 reniflards (filtres du circuit d’huile) et une fin de journée plutôt stressante à cause des étroits passages sur la voie après Wynyah Bay. Arrivés à Wild Dune Marine à l'Isle of Palm, nous nous sommes installés à un quai parmi de superbes yachts de 15m et 20m de long. Nous nous trouvions prêts à relaxer dans un décor tropical . Le premier soir aux environs de 22 heures  un cri strident a attiré notre attention  et après avoir ouvert la porte de la timonerie nous avons aperçu sur le ponton très près de notre bateau un grand héron cendré. Nous avons été très surpris car il semblait chercher à manger. J'ai tout de suite pris mon caméscope pour le filmer malgré l'obscurité. Quant a Anne-Marie elle a voulu prendre une photo mais son appareil n'a pas fonctionné.

 

Le lendemain le temps était ensoleillé et la température a atteint les 20°. Nous nous sommes promenés sur la belle plage de sable blond. Anne-Marie a marché, moi j'ai couru. C'était le bonheur. A proximité se trouvaient deux beaux terrains de golf et les nombreux joueurs utilisaient de caddies carts pour se déplacer. Nous avions récupéré une diversités de coquillages vides qui jonchaient la plage. Durant le séjour de 3 jours j'ai fait réparer les hélices de secours, nous avons profité de nettoyer entièrement le bateau (intérieur et extérieur) Nous avons eu l'occasion de rencontrer des gens agréables et de discuter de voyages. J'ai aussi rédigé mon rapport d'accident que j'ai envoyé à notre compagnie d'assurances à Saint-Pierre. 
Le mercredi 17 nous nous sommes ravitaillés en eau et fuel pour quitter la marina à 13 heures et poursuivre notre descente vers le sud. Belle et chaude (22°) l'après-midi l'a été jusqu'à Little Britton Island notre lieu de mouillage. Le jeudi c'est à Beaufort que nous avons jeté l'ancre.

 

 











Nous étions au "mile 535" et sur la rivière de Beaufort où le courant était actif. Nous avons installé nos deux ancres et nous avons débarqué à un petit quai spécialement aménagé pour annexes de bateaux. Nous étions pratiquement au centre ville, cette petite ville historique de la Caroline du Sud chiquement entretenue où l'armée est très présente. Il y avait une station militaire à Parris Island et un musée aéronavale. Avec les dépliants touristiques récupérés à la chambre de commerce nous avons situait un centre d'achat, sur la rive opposée. Nous avions absolument besoin de faire des provisions alors nous sommes allés à la marina Ladies Island  où nous avons eu l'autorisation de stationner gratuitement le temps de faire nos achats. Le centre commercial étant assez éloigné le chariot à provisions que nous avions acheté à Little Bridge (Chesapeake City) nous a été très utile. Notre zodiac était bien chargé au retour au bateau. Et le menu du souper a été un copieux barbecue (côtes de porc) avec du bon pain à l'ail. Le lendemain après vérification, maintenance et nettoyage des moteurs nous sommes descendus à terre pour visiter un peu. Nous avons par la même occasion fait des achats de Noël puisque le décor s'y trouvait déjà et les produits aussi bien sûr. En nous promenant sur la rive opposée nous avons trouvé avec une grande joie une chapelle catholique « St Peter's Church » Nous y sommes rentrés pour prier. Nous avons apprécié, car les églises catholiques sont très difficiles à trouver, et peut-être parce qu'elles sont trop éloignées de la voie navigable. Descendus pour poster des colis de Noël pour Saint-Pierre nous avons, le lendemain, profité de retourner prier à Saint-Peter's Church. En fin de matinée nous avons levé les ancres pour reprendre sous un beau soleil, notre navigation sur l'intracoastal waterway. Quatre heures plus tard nous avons mouillé à nouveau à l'Isle of Hope. A 18h10 le dimanche 21 nous reprenions la route et à hauteur de St Simons Sound (sortie sur mer) le passage a été plus agité. La zone de mouillage du soir a été Waily's Leg. J'ai essayé de pêcher mais je n'ai rien pris pourtant le sondeur m'indiquait qu'il y avait du poisson. Ma boëtte ne convenait peut-être pas surtout qu'il s'agissait de morceaux de fromage ; quoique j'avais déjà pris du chat de mer quelques semaines auparavant. En raison du vent nous sommes restés une journée supplémentaire sur cette zone malgré l'instabilité du mouillage même en utilisant l'ancre et le grappin. Enfin dans l'après-midi du 22 à 14h30 nous avons trouvé l'endroit adéquat. Journée bien occupée (un peu de pêche, manœuvre du bateau, entretien divers dont nettoyage et peinture du hibachi, observation de la suite du parcours) ne m'a pas empêché  de faire une grosse crise de cafard en soirée. J'ai d'abord eu un manque d'appétit et je suis tombé dans une mélancolie au point de sangloter pendant un long moment. Anne-Marie a tenté de ma consoler mais je crois qu'il fallait que ce trop plein (probablement excès de fatigue plus ennui) devait se vider. J'ai pu me ressaisir et tout de suite après je suis parti me coucher pour une nuit de repos. La nuit a été récupératrice et le mardi 23 novembre nous sommes repartis pour une journée de navigation par vent assez fort de N.E. mais avec un temps ensoleillé et une température entre 18 et 23° . A hauteur de St Mary's Entrance (entrée de l'océan) un sous-marin nous a croisés, escorté de deux remorqueurs de la garde côtière américaine et se dirigeait vers Cumberland Sound la base des sous-marins américains. Il filait à bonne vitesse et nous a bien surpris par l'énorme remous de mer qu'il a créé. Nous avons subi un roulis particulièrement  inconfortable.  Arrivés à Fernandina Beach nous avons tenté de nous mettre dans la zone de mouillage face à la marina mais il ventait trop. Nous sommes alors rentrés à la marina. Une fois bien installés, nous avons crié un " Hourra ! Nous sommes en Floride " . Effectivement nous étions rentré dans l'Etat de Floride à la marque "714" c'est-à-dire au travers de Cumberland Sound et la rivière St.Marys.

Etape exceptionnellement apprécié, donnant un sentiment d'objectif atteint. Cela valait une soirée exceptionnel au restaurant. Anne-Marie a choisi un restaurant italien le « Pompoes's » qui se trouvait près de la marina. Ensuite nous avons pris le temps de téléphoner à la famille mais également de laver du linge, la buanderie étant disponible; tout cela avant d'aller se coucher.

Fernandina Beach se situe, en fait, sur l'île Amélia. Découverte en 1562 par le français Jean Ribault, il l'a nommée l'île de Mai.  Ensuite l'île fut recolonisée par les espagnols en 1567. Ils renommèrent l'ile "l'île Santa Maria", y établirent une fortification et construisirent le Fort San Fernando. En 1702, les anglais prenaient possession de l'île et donnèrent le nom actuel à l'île c'est-à-dire Amélia, en honneur à la fille du roi George II roi de Grande Bretagne et d'Irlande).

 



prochain épisode : Fernandina Beach à St-Pertersburgh

Par Claude-Anne-68 - Publié dans : VOYAGES
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